Une Jane Austen âgée de 15 ans s'amuse des Rois d'Angleterre

Antoine Oury - 19.02.2014

Edition - International - Jane Austen - manuscrit satirique - 15 ans


Lorsque l'on évoque Jane Austen, on pense plus rapidement à Orgueil et Préjugés, voire à Marc Darcy sortant dans l'eau (dans le film, bien sûr) qu'àune satiriste acérée, à la plume trempée dans l'acide. Et pourtant... Un manuscrit numérisé et mis en ligne par la British Library révèle qu'à l'âge de 15 ans, Jane Austen avait déjà accumulé du savoir historique, qu'elle réutilisait... à sa façon.

 


 

 

L'ouvrage artisanal se présente simplement sous le titre The History of England, comme un banal livre d'histoire retraçant la généalogie des Rois d'Angleterre. Mais il est un peu plus que cela : ce petit traité satirique, augmenté de portraits originaux signés par la soeur de l'auteure, Cassandra, est un haut fait d'écriture de Jane Austen.

 

Entre 7 et 10 ans, l'auteure a suivi une scolarité assez traditionnelle, mais a rapidement dû assurer elle-même son éducation, en piochant à l'envi dans la bibliothèque de son père. Et, quand Jane Austen s'ennuie, elle rédige des traités satiriques d'Histoire : celui-ci couvre la période entre Henry IV (1367-1413) et Charles I (1600-1649).

 

 

 

 

La manuscrit de 36 pages est une véritable parodie des ouvrages historiques de l'époque, et Austen ne se prive pas de moquer le style grandiloquent, sous couvert de briéveté :

Ce monarque n'était connu que pour sa beauté et son courage, ce pour quoi nous avons fourni son portrait, et ses manières audacieuses comme épouser une femme alors qu'il était déjà marié, qui en sont tous deux des preuves. écrit-elle pour Edouard IV.

Pour Henry VIII, Austen ne s'embarasse pas : « Ce serait un affront que de considérer que mes lecteurs ne sont pas aussi familiers avec le règne de ce roi que moi-même. J'économiserai donc leur temps en leur évitant de lire ce qu'ils ont déjà lu ailleurs, et le mien en évitant d'écrire ce dont j'ai du mal à me souvenir »...

 

L'intégralité du manuscrit est disponible à cette adresse.

 

 

(via Open Culture)