Une joint-venture suisse pour répondre aux exigences numériques

Clément Solym - 07.03.2013

Edition - Librairies - Suisse - librairie - livre numérique


Dans un communiqué commun, les deux groupes Orell Füssli et Thalia Holding, dont les domaines de compétence sont pourtant assez éloignés, ont annoncé une fusion de leurs activités. Le premier s'occupe de l'impression de billets de banque, quand le second pratique le commerce du livre. Ces deux acteurs suisses se retrouveront dans le cadre d'une joint-venture.

 

 

Orell Füssli

 

 

L'industrie du livre en Suisse va donc connaître un nouvel acteur, puisque les deux firmes vont regrouper leurs forces, pour affronter le marché du numérique, au niveau local. Les deux partenaires disposeront de parts égales dans la troisième société, mais leur fusion doit encore recevoir l'accord de la commission de concurrence. 

 

On le comprend, c'est avant tout dans le domaine du livre numérique que les acteurs vont tenter de percer, avec pour objectif de mettre en place une alternative locale pour les acteurs internationaux. (via Basler Zeitung)

 

C'est donc un projet de création d'outil suisse, pour prendre des parts de marchés aux acteurs américains déjà sur le segment numérique. Selon les données de Michel Kunz, directeur de Orell Füssli, Amazon détiendrait ainsi 20 % des parts de marché sur la vente de livres. 

 

L'essor des tablettes et des appareils de lecture en Suisse, l'an passé, modifie sensiblement, comme ailleurs, les habitudes de consommation. En outre, le marché du livre, à proprement parler, perd de son souffle, avec 1 à 2 % de baisse de ventes constatées chaque année.

 

La joint-venture permettra de réaliser des investissements plus importants, « et c'est seulement ainsi que nous pourrons atteindre une constitution à même de lutter contre les concurrents étrangers qui se dressent », assure Kunz. Si Thalia dispose de 22 magasins dans le pays, il pourra également compter sur les 14 librairies de Orell Füssli. 

 

Cependant, cette fusion ne se fera pas sans peine : 40 à 50 emplois seront supprimés au cours de la prochaine année et demie, si la joint-venture s'opère. Les synergies aux niveaux logistique, marketing et informatique n'ont pas été détaillées plus amplement. Aujourd'hui, Thalia compte 650 employés et Orell Füssli 400 ; on ignore encore comment les suppressions de postes toucheront les deux sociétés.