Une lettre de réclamation cinglante de Mark Twain

Xavier S. Thomann - 05.07.2013

Edition - International - Mark Twain - Lettre de réclamation - J.H. Todd


Qui n'a pas eu envie un jour d'écrire une lettre de réclamation acide et imparable ? En vérité, c'est un exercice rhétorique assez difficile - en tout cas plus qu'on ne le pense. Il se trouve que dans ce domaine Mark Twain était particulièrement doué. Ainsi, en 1905, il écrit à un charlatan du nom de J.H. Todd qui proposait une formule pour guérir de toutes les maladies. Et il n'était pas très content...

 

 

 

 

Oubliez les formules molles, Mark Twain va droit au but et dit tout le bien qu'il pense de son destinataire. C'est notamment en voyant de la publicité pour ce produit, l'Elixir of Life, qu'il décide de prendre les choses en main et de dire à Todd le fond de sa pensée. 

 

On imagine qu'un homme prétendant avoir trouvé un remède pour toutes les maladies a dû recevoir de nombreuses plaintes de clients malheureux. Mais, une chose est sûre, personne n'a montré autant d'esprit et de mépris que l'auteur d'Huckleberry Finn. En d'autres termes, son sang n'a fait qu'un tour quand il a vu sur le prospectus de ce produit qu'il fournissait « la vie éternelle. » Morceaux choisis. 

 

Cette lettre du 20 novembre 1905 commence par une vague concession : « Il y a quelques traces d'intelligence dans ce que vous dites ». Le reste est carrément plus méchant, et drôle aussi. 

 

Il poursuit ainsi : « La personne qui a écrit ces publicités est sans aucun doute la personne la plus ignorante sur Terre ; et sans aucun doute c'est un idiot, un idiot au 33e degré ». 

 

Mais le coup de grâce vient à la fin : « D'ici quelques instants, mon ressentiment aura disparu et se sera passé et je serai certainement en train de prier pour vous ; mais pendant qu'il est encore temps, je m'empresse de souhaiter que vous preniez par mégarde une dose de votre poison, et que vous entriez dans l'enfer que vous-même et tous les autres médecins assassins avez tant mérité ». 

 

Voilà, vous savez ce qu'il reste à faire la prochaine fois que vous vous estimez lésé. 

 

(via Open Culture)