Une libraire en rogne contre ses voisins, les “affreux casiers” d'Amazon

Nicolas Gary - 01.12.2018

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No pasaran ! Alors que viennent de s’installer des casiers Amazon à la gare d’Épinal, la librairie Le coin des mots, située juste en face, pousse un sérieux coup de gueule. Surnommée Lucile, l’Amazon locker ne fait absolument pas son affaire, explique-t-elle. 




 
« Scandaleux ! Ce magnifique casier installé hier en face de notre librairie indépendante. On va y voir bientôt des gens venir chercher leurs livres (entre autres) », déplore la libraire, Isabelle Colin, qui depuis mercredi cohabite donc avec l’imposant bloc jaune. 

Et pour ajouter à son agacement, c’est le comportement local qui la désole. « Aujourd’hui, nous étions invités par une association (très sympathique) à tenir une table de librairie sur le sujet traité. Sujet pointu, éditeurs “pointus”, bibliographie plus qu’appropriée – faite en collaboration avec l’asso. » Et plus de 300 personnes réunies.
 
« Eh bien, devinez ? À la pause, j’avais devant moi plusieurs personnes qui prenaient en photo les livres, me disant que le choix était très pertinent, m’avouant (très naïvement) qu’ensuite, elles commanderaient sur internet.... Devinez chez qui ? CQFD. »

Et de conclure : « Je n’ai jamais eu autant envie de changer de métier qu’en ce moment. »
 


Le principe des casiers d’Amazon est de permettre un retrait des achats effectués sur le site du cybermarchand, avec une amplitude horaire extrêmement large. « Amazon, d’une manière ou d’une autre, fait mourir les centres-villes, parce qu’il n’y a pas que les libraires qui en souffrent », achève la libraire.
 


via Vosges matin


Commentaires
L'atout du libraire étant la pertinence du conseil délivré et sa capacité à fidéliser ses lecteurs, puisque les tecnos permettent l'achat en ligne, pourquoi ne pas transformer les librairies en espaces de conseil de lecture et d'achat de livres en ligne. C'est ce "conseil pro" qui serait vendu + un pourcentage sur chaque livre vendu en ligne (sur place) suite à ce conseil. La librairie comme espace moderne et multimédia convivial et chaleureux dévolu à la littérature (et pas aux livres) sous toute ses formes et adaptations, aux lecteurs et aux écrivains.
C'est comme ça que marche certain blogs ou YouTubeurs, mais c'est vraiment de trop petite somme pour une boutique, et si elle devait bloguer pour toucher plus de gens, alors elle n'est plus libraire (vocation).



Un avantage à donner aux libraires les 10% au lieu de 5% (vu qu'ils ont obtenu une défiscalisation c'est devenu possible), 5% ça rembourse même pas le déplacement dans une librairie et je trouve le coté conseil un peu surcoté...



Pour cette librairie c'est effectivement pas le meilleur lieu pour un casier Amazon
Le métier de libraire , comme la plupart des métiers doit absolument évoluer avec son temps sous peine de disparaître.

La solution n'est certainement pas de taper sur Amazon, mais bel et bien d'inventer une place pour ceux qui, capables de s'adapter, ne veulent pas disparaître.

Je n'aime pas Amazon, mais, auteur indépendant et auto-édité, c'est de très loin Amazon qui diffuse le plus mes ouvrages, et je ne sais que les en remercier...
Je suis d'accord moi aussi sur le fait de pas taper Amazon.

Si l'Etat veut améliorer la vie des auteurs et libraires, il faut augmenter le volume de vente avec des nouveaux avantages : 10% dès le 1er achat chez le libraire, 15% dès 150€, 20% pour 200€ et plus, max 25% pour 400€ et + (et retour des 5% pour Amazon).



Comme ça chacun y trouvera son compte.
Connait-on la part de livres dans les achats Amazon (physique bien sur) ?
Il faut aussi penser comme Amazon à des bonus pour la FNAC pourquoi pas lier Salto (et la défense de l'exception culturelle) et l’abonnement prime de la FNAC (la FNAC ne pourra jamais créer son site de SVOD seul), il faut soutenir nos propres entreprises et emplois en étant innovateur nous aussi.

Et arrêter avec le PU numérique...
C'est pas Amazon qui est en train de tuer la librairie, c'est la politique commerciale de surproduction menée par les gros éditeurs. Beaucoup moins de livre et de bien meilleure qualité, c'est la seule voie vertueuse pour tout le monde.
C'est évident les auteurs cherchent jamais au non jamais la meilleure qualité ; "je vais faire un livre moyen pour noyer le marcher" ; voila le but des auteurs ne pas vendre juste remplir les rayons...
Les auteurs non, les éditeurs oui (faut apprendre à lire avant de commenter. smile. L'intention de faire un bon livre a-t-il jamais fait un bon livre ? Ce qui est sûr en revanche, c'est qu'il n'y a pas 567 chef-d'oeuvre sur les 567 romans publiés à la rentrée littéraire 2018. Alors, où est le loup si les auteurs sont géniaux et que les lecteurs ne les lisent pas ?
Les éditeurs ne font pas de romans les auteurs oui donc c'est bien eux qu'il faut voir pour la qualité, et je suis pour que chacun ait ça chance, je suis pour l'auto-édition (donc encore moins "d’éditeur") ; donc votre monde aux 10-20-100 romans par an NON MERCI...
La littérature n'est pas de nature démocratique parce que le talent n'est pas de nature démocratique. Le talent n'est pas une valeur républicaine : Liberté, fraternité, d'accord, mais une forte inégalité règne entre les auteurs. Il me semble que vous confondez expression et littérature. Tout le monde a la possibilité de s'autoéditer, encore heureux, mais tout le monde ne fera pas un livre qui ne tombera pas des mains du lecteur. Normalement les éditeurs sont là pour faire des livres qui restent dans les mains des lecteurs. Normalement...
Alors peut-être qu'il n'y a pas tant de bons auteurs que ça... et comme c'est pas les auteurs qui vont se juger bons ou pas, ben c'est les éditeurs qui se chargent de trier le bon grain de l'ivraie, sauf que... comme ils veulent faire du chiffre, ils privilégient la masse pour être sûr de retomber sur leurs pieds quitte à tuer le talent qui par essence est rare. smile Bref on tourne en rond et on se mord la queue dans une forme d'onanisme consensuel.
La remarque "Le métier de libraire , comme la plupart des métiers doit absolument évoluer avec son temps sous peine de disparaître" est certainement fondée sur de bonnes intentions, mais elle ne reflète pas la réalité. Vendre des livres, c'est vendre des livres: on peut prendre le problème dans tous les sens, à un moment, il faut que cela rapporte, sinon le libraire ne peut continuer. Et le métier, c'est de vendre... des livres, point!



C'est une évidence, certes. Mais penser qu'il suffit de réinventer le métier n'est pas réaliste : quel libraire ne s'en est pas rendu compte en voyant son chiffres d'affaires baisser drastiquement? Que peut-il y faire? Que changer? Les solutions souvent proposées sont des mesurettes par rapport à ce qu'un commerçant doit engranger chaque mois.



Personnellement, je crois avoir "tout" essayé, en vain. J'ai proposé des services annexes liés à l'édition et au livre. J'ai tenté la vente en ligne sur plusieurs sites web. Des événements. Je n'ai vu que la désertification des magasins du coin, et du mien également, inexorablement. Maintenant, des touristes viennent, font un selfie et repartent sans un mot.



En revanche, je vois les bistrots du lieu bondés, les magasins de fringues aussi, et une population rivée à son téléphone mobile.



Amazon n'est pas le seul à blâmer. Le monde se débilise, cela se vérifie tous les jours, hélas. Je suis pessimiste, et comme dit cette libraire: "je n’ai jamais eu autant envie de changer de métier qu’en ce moment". C'est triste...
En même temps, des livres "crachés" par de jeunes écrivains rivés à leur téléphone qui traînent leur ennui et leur mal être dans les zones commerciales, y'en a de très bons et qui marchent très bien -« Fief" de David Lopez ou "L'Été des Charognes" de Simon Johannin, par exemple.
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