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Une librairie algérienne prête sa vitrine à Mein Kampf

Julien Helmlinger - 29.08.2013

Edition - International - Mein Kamf - Nazisme - Algérie


Après l'anecdote des futures éditions déclinées pour la jeunesse allemande, l'affaire de Berck-sur-Mer, puis celle toute fraîche des recommandations de lecture de Facebook, qui a vu le réseau social se laisser influencer par le buzz, le best-seller signé Adolf Hitler a fini par trouver une vitrine pour le moins étonnante. Celle d'une libraire algéroise située en plein centre ville. Interdit dans plusieurs pays, à commencer par Israël, l'ouvrage antisémite a tout de même été traduit en arabe sous l'équivalent du titre Mein Kampf : le livre de l'idéologie nazie. L'antisémitisme serait-il aussi consommé par les peuples sémites ?

 

 

 


Les quelques 900 pages écrites en prison par le futur dictateur pan-germanique, entre 1924 et 1925, après un premier coup d'Etat manqué, mélange biographie et théorie pour livrer l'idéologie nazie à ses lecteurs. On y évoque l'hypothétique « suprématie de la race aryenne » et l'autre jugée « race inférieure » des sémites, destinée à servir de combustible à la première citée. 

 

Outre Israël, les Pays-Bas ont également banni l'ouvrage tandis qu'en Allemagne, c'est le Land de Bavière qui en détient provisoirement les droits et empêche sa réédition pour éviter son exploitation par des groupes extrémistes rangés à droite. En attendant sa prochaine tombée dans le domaine public d'ici 2016.

 

En France, s'il est théoriquement absent des étagères des librairies, le livre est considéré comme un document historique, qui continue néanmoins de faire grincer les dents même s'il reste disponible à la vente sur le net. L'Algérie en revanche, a opté pour la mise à disposition du titre au plus grand nombre. Sa version arabe a ainsi pu figurer de manière anodine en plein centre-ville d'Alger, dans la vitrine d'une librairie. Personne là-bas ne s'en serait plaint publiquement.

 

Une maison d'édition égyptienne est à l'origine de la publication traduite par Farid Al Fallouji. Mein Kampf serait depuis longtemps commercialisé dans les pays arabes, traduit plus d'une fois à partir des années 1930. Il aurait compté l'année dernière parmi les livres recommandés par Virgin au Qatar ainsi qu'au Bahreïn. Jouissant alors sans mal d'une excellente diffusion.

 

Pour le libraire algérois, Mein Kampf ferait partie des titres qui se vendent le mieux dans la boutique et sa popularité bénéficierait, notamment en Egypte ou en Palestine, d'un ressentiment de la population à l'égard de la communauté juive. Mais il reste qu'Arabes et Juifs formeraient ensemble le peuple sémite, si on le définit par les peuples descendants de Sem, deux communautés qui seraient en tout cas pointées au même titre par le discours nazi.

 

(via AlgerieFocus)