Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Une librairie norvégienne crée une encyclopédie subjective

Elodie Pinguet - 09.02.2017

Edition - Librairies - encyclopédie subjective - librairie Oslo - auteurs artistes internationaux


A Oslo, la librairie Cappelens Forslag a lancé en 2014 une encyclopédie particulière, le Conversational Lexicon. Récemment, c’est le volume deux qui a été publié. Conçue avec de grands artistes internationaux, comme Jonathan Lethem, l’encyclopédie regroupe des définitions peu académiques des mots.

 

Volume 1 (gauche) et 2 (droite) via le site internet de Cappelens Forslag

 

 

Bienvenue dans le monde où un ventriloque devient, sous la plume de l’auteur George Saunders, une « personne désireuse d’une marionnette ». Dans l’encyclopédie Conversational Lexicon on part sur le point de vu subjectif des mots et en quelque sorte, on rend passionnant la lecture d’un dictionnaire.

 

Cette idée ingénieuse vient des libraires Pil Cappelen Smith et Andreas Cappelen. A l’époque, leur librairie située à Oslo était mal en point. Ce projet sonnait comme un plan de dernière chance pour leur commerce. En 2014 un premier tirage de 1100 est lancé sur le marché, financé par près de 450 personnes qui ont réuni 50 524 euros. Depuis, tous les exemplaires de ce premier tirage ont été vendus.

 

Les définitions originales ne sont pas la seule particularité de l’encyclopédie. Elle est l’œuvre d’une contribution d’environ 87 artistes et auteurs du monde entier, comme John Kelly, Gunnhild Oyehaug ou encore Wladimir Kaminer.

 

Chaque auteur a écrit ses définitions dans sa langue maternelle. S’ils ne sont pas Norvégiens, une traduction anglaise et/ou norvégienne accompagne leur texte. Tous les auteurs ont été sélectionnés pour leur « entrain et leur générosité d’esprit ». Onze langues différentes sont présentes dans le livre. Une page a même été écrite en braille.

 

Si le style de l’ouvrage se rapproche de celui d’une encyclopédie conventionnelle, son contenu fait de lui un « monstre de la nature éditoriale » dont le but est de « mentir pour dire la vérité ». Chaque définition est rarement dénuée d’humour ou d’ironie. Par exemple, voici comment Jarvis Cocker définit Dawdle (traîner/traînasser en VF) :

 

Dawdle, (prononcé doordul) = La clé d'un bon mot est fine, des sons arrondis. Dites ce mot et vous pouvez sentir des vibrations très agréables dans vos sinus. Un beau brandy d'un mot. Je n'aime pas les mots courts abrasifs comme gig, tit et (le pire de tous) Brit - ugh: ils sont comme mâcher du papier d’étain. Pas de plaisir. Vous pourriez tout aussi bien cracher sur la personne à qui vous les dites. Ce qui est grossier. Dawdle signifie prendre beaucoup de temps pour arriver là où vous allez. C'est la façon dont je préfère voyager à travers le monde.

 

Le deuxième volume a été publié pour la première fois en juin 2016, et financé par une campagne de crowdfunding qui a récolté 46 270 euros. Trois versions sont disponibles pour des prix allant de 74 à 1000 euros. Il est possible de découvrir quelques définitions de l’encyclopédie sur le site internet de la librairie.

 

 

 

Via TheGuardian