Une librairie tenue par un palestinien ne fermera pas à Jérusalem

Clément Solym - 30.01.2012

Edition - Librairies - Israël - Fahmi - Palestine


Ce sont des temps heureux pour le propriétaire palestinien d'une librairie située à Jérusalem. Munther Fahmi a ouvert en 1998 une petite librairie à la collection bien fournie. Jeudi dernier, il a appris que les autorités israéliennes lui accordaient enfin permis de résidence temporaire, après six ans de bataille juridique.


De nombreuses personnalités littéraires le soutiennent, dont les auteurs israéliens Amos Oz et David Grossman, ainsi que les écrivains anglo-saxons Ian McEwan, Roddy Doyle, John Banville et Simon Sebag Montefiore. « Durant vingt ans, j'ai été un “touriste forcé”, mais je voyageais beaucoup pour mon travail et par conséquent, mon honteux visa d'étranger se renouvelait sans que j'y prête attention », se remémorait-il, fin décembre.

 

 

Ce permis lui permettra ainsi de mettre un pied plus ferme dans le milieu de l'édition. Il a confié au Guardian qu'il se rendra au Salon du livre de Londres en avril, confiant  dans l'idée qu'il serait autorisé à revenir en Israël après l'événement.


Dans sa librairie, on trouve de tout. Des auteurs israéliens, palestiniens et d'ailleurs ; des livres politiques, historiques, de fiction ; des clients locaux, des touristes...

 

Mais voilà, l'endroit aurait pu fermer, sans l'aide de nombreux militants, puisque Fahmi, ayant perdu sa citoyenneté pour avoir séjourné trop longtemps à l'étranger, devait demander chaque mois un visa tourisme depuis son retour en 1997, que les autorités avaient décidé de ne plus lui accorder il y a deux ans.


Selon Fahmi, la campagne internationale menée en sa faveur l'a beaucoup aidé. Il est très reconnaissant à Andrew Franklin, le fondateur de Profile Books, qui l'a « menée sans relâche », explique-t-il au Guardian. « La première chose que je ferai en arrivant à Londres, sera de l'embrasser et le remercier. », ajoute-t-il. 

 

Cette décision est « une bonne nouvelle pour les gens qui veulent voir Israël sous un autre jour » a-t-il expliqué, en ajoutant que l'État devrait faire attention à son « isolationnisme grandissant ».