Une librairie vandalisée pour avoir organisé une lecture par une drag queen

Clément Solym - 03.07.2019

Edition - Librairies - drag queen - lecture librairies - homophobie agression


Nous sommes au XXIe siècle, et l’homophobie sévit toujours, avec sa variante : la dragqueenophobie. Plus encore, les groupes mobilisés contre la lecture de livres, à des enfants, par des drag queens, se multiplient. Dernière victime en date, la librairie de Denver, BookBar, cible d’un mouvement d’extrême droite décidé à empêcher une de ces lectures.


Crédit BookBar
 

Il s’agit, selon les médias, de l’une de ces congrégations racistes et suprématistes très en vogue sur le territoire américain. De celles qui sont disposées à vandaliser avec des messages haineux les endroits soupçonnés de ne pas véhiculer la bonne idéologie : celle qui en appelle à la suprématie des blancs, hétérosexuels. Et condamne le reste du monde. 

BookBar est une structure à but non lucratif : elle avait décidé d’organiser une séance de lecture pour des jeunes, autour de l’ouvrage Just Add Glitter. Parents conviés, la fête allait battre son plein — mais la drag queen en charge de lire a été perturbée par l’apparition d’un homme masquée, t-shirt noir, venu avec une bombe à peinture, pour taguer la devanture de la boutique. 

L’imbécile heureux a finalement été rattrapé par deux personnes qui assistaient à la rencontre, accompagnées de policiers en poste. Or, un jour plus tôt, des autocollants avaient été posés sur la vitrine – tous avec des messages homophobes ou assimilés. 

Annuler la rencontre ? Jamais. Jamais...

Pour Nicole Sullivan, qui dirige la boutique, il n’aura jamais été question d’annuler l’événement — qui s’inscrivait par ailleurs dans le cadre du LGBT Pride Month.

« Il y a une personne qui cherche à vous intimider, mais cet événement vous tient à cœur, et une communauté se mobilise pour vous soutenir », explique-t-elle au Denver Post. Que faire ? D’autant que l’artiste concernée avait eu quelques sueurs froides en apprenant l’affaire des autocollants.

« Mon appréhension, c’est surtout que l’on ne sait jamais de quoi ces personnes sont capables, quand elles sont en colère ou irritées », indique Blow, la drag queen chargée d’animer cette séance. 

Ces lectures se multiplient d’ailleurs sur le territoire américain, comme autant d’appels à la tolérance et, si elles sont tournées vers les enfants, c’est avant tout pour leur faire découvrir un autre pan du monde. Pour les opposants, c’est au contraire une perversion, par laquelle des adultes exhibent devant les plus jeunes leurs orientations sexuelles – façon polie, pour ces opposants, de ne pas dire « déviances »…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

#lovetrumpshate

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Du fait des menaces, la police était alerte, et à juste titre : l’arrestation du petit malfrat a permis à cette lecture de se poursuivre, dans le calme retrouvé. 

D’autant que cette agression était quelques jours avant le 50e anniversaire des émeutes de Stonewall : dans le quartier de Stonewall, à New York, des manifestations se sont organisées pour protester contre des violences policières survenues le 28 juin 1969. Les émeutes sont aujourd’hui vues comme la première riposte face à une agression des gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres. Et dans le même temps, auront marqué l’éclosion du militantisme et de la défense des droits.

Le Colorado est aujourd’hui connu pour être devenu une plaque tournante dans l’activité du Ku Klux Klan — et fut historiquement l’un des États fondateurs de ce mouvement raciste et meurtrier. La haine a la peau dure…


Commentaires
Il y a au même moment une vague de protestations autour des Drag Queen Hours organisées dans les bibliothèques américaines actuellement, à la manière de ce qui s'était passé il y a quelques mois à la bibliothèque Louise Michel... Tout cela orchestré par les Proud Boys (une organisation « chauviniste » et qui « refuse de s’excuser d’avoir créé le monde moderne » - tout un programme).
Totalement G. mais à Paris ça n'est pas encore des dates régulières.

Les bibliothèques sont frileuses, elles le font dans le cadre de festival.

J'aimerais tellement que les lectures se développent.
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