Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Une littérature du XIXe siècle friande de gastronomie

Victor De Sepausy - 08.02.2017

Edition - Société - littérature - gastronomie - xix


On ne compte plus les grands romans du XIXe qui contiennent une scène de repas développée à souhait. A l’appui de descriptions à rallonge, de Balzac à Zola en passant par Flaubert et Maupassant, les écrivains réalistes et naturalistes ont pris plaisir à plonger dans l'art de la gastronomie. C’est à découvrir cette aventure romanesque que nous invite Karin Becker dans son dernier essai, Gastronomie et littérature en France au XIXe siècle (éditions Paradigme, 192 pages, 22 €).

 

 

Enseignante en littérature française à l’université de Münster (en Allemagne) et spécialiste du XIXe siècle, Karin Becker décrypte le dialogue soutenu qu’ont entretenu Balzac, Baudelaire, Hugo ou encore Zola avec les gastronomes de leur époque, en cherchant à imiter leur discours si caractéristique.

 

Du culte de la bonne chère et de son rapport à l’érotisme jusqu’aux descriptions en trompe-l’œil de la culture gastronomique, les romanciers usent de leur art de la plume pour ironiser et égratigner en toute subtilité les travers et les dérives d’une société bourgeoise fascinée par le mythe de la gourmandise…  

 

Pour Karin Becker, « l’emploi que les romanciers font du discours gastronomique semble osciller entre l’identification et la mise en question. Ainsi, la description littéraire de la culture gastronomique représente, sous beaucoup d’aspects, une déconstruction sceptique de l’idéologie en cours au XIXe siècle. »

 

L'ouvrage sera disponible à partir du 28 février prochain. En attendant, l’auteur donne rendez-vous aux curieux à la maison de Balzac le 28 février 2017 où se tiendra un séminaire intitulé « Le repas gastronomique des écrivains au XIXe siècle ». Karin Becker proposera une conférence intitulée « L'homme sous contrainte : les manières de table dans le roman de Balzac à Maupassant ». Cette manifestation se déroulera en présence de l’universitaire Alain Pagès qui évoquera, de son côté, les dîners naturalistes.