Une mise en faillite atterrante des éditions de la Courte échelle (Québec)

Nicolas Gary - 11.10.2014

Edition - International - édition jeunesse - Québec littérature - faillite économie


Cette semaine, triste nouvelle au Québec : les éditions La Courte Échelle, éditeur jeunesse situé au Québec, se trouvent dans une difficile situation financière. Au 23 septembre, l'ensemble des employés ont été mis à pied, avec les salariés des filiales de la maison. Retours massifs et changements intempestifs de distributeurs ont contraint Hélène Derome, la directrice, à se placer sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité.

 

 

 

La nouvelle a provoqué une vive inquiétude dans le monde du livre québécois : avec 700 titres, s'était installée dans le paysage éditorial depuis 35 ans. « Pour l'instant, j'aimerais faire en sorte que ça puisse continuer sous une forme ou une autre. [...] La première préoccupation, ce sont les auteurs : on doit s'assurer que les œuvres perdurent et soient protégées », déclarait la directrice.

 

Et ce sont les auteurs qui réagissent tout particulièrement. L'Union des écrivaines et des écrivains québécois se dit « atterrée par la nouvelle de la mise en faillite » de l'éditeur. La Courte échelle avait donné « un essor sans précédent à la littérature jeunesse. La nouvelle sème la consternation à l'heure où le milieu du livre connaît d'importantes difficultés ». 

 

Une mise en faillite représente une perte importante « pour des dizaines et des dizaines d'auteurs qui ont publié avec assiduité à la courte échelle et se retrouvent sans éditeur », poursuit l'UNEQ. D'autant plus que la Courte échelle avait constitué un très honorable catalogue, également dans le domaine scolaire, faisant connaître des écrivains sur le territoire québécois, mais également partout dans le monde.

 

« Un grand nombre d'auteurs n'ont pas été payés depuis longtemps. Plusieurs dizaines de milliers de dollars sont en jeu. Nous entendons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que ces auteurs reçoivent leur dû et que les liquidateurs voient à ce que les redevances impayées leur soient versées », explique le directeur général de l'UNEQ, Francis Farley-Chevrier. 

 

L'Union assure qu'il apportera son plein soutien aux personnes touchées par cette situation, proposant de mettre les personnes et les ressources nécessaires à leur disposition. 

 

« Préoccupée également par les problèmes entourant le paiement de redevances dans les situations de faillite, l'UNEQ interviendra activement auprès des pouvoirs publics et des organismes qui soutiennent le secteur de l'édition pour s'assurer que les solutions envisagées soient dans l'intérêt des écrivains et de leurs droits », conclut l'organisation.

 

Reste à espérer que le dynamisme de l'édition jeunesse permettra d'intéresser un repreneur.