Une nouvelle compagnie minière attaque ecosociété

Clément Solym - 12.06.2008

Edition - Justice - Barrick - Banro - écosociété


Après Barrick Gold, c'est au tour de Banro corporation d'attaquer en justice l'éditeur écosociété et les auteurs du livre Noir Canada, pillage, corruption et criminalité en Afrique.

Des poursuites à hauteur de 50 fois les gains annuels de l'éditeur

Barrick Gold avait déjà réclamé 5 millions de $ pour dommages moraux compensatoires et 1 million de dommages punitifs, ce qui représentait 25 fois les gains annuels de l'éditeur. Aujourd'hui la Banro corporation réclame pour sa part 5 millions, ce qui nous amène en toute logique à 50 fois les gains annuels d'écosociété.Pour la maison d'édition, il s'agit de poursuites baillons pour empêcher le débat (autrement appelés SLAPP. Strategic Lawsuit Against Public Participation).

Le Ministre de la Justice, Jacques Dupuis, qui est très sollicité dans cette affaire a reçu une demande formelle émanant de la compagnie minière. Nos confrères de Cyberpresse ont pu obtenir les documents officiels détenus par la Cour supérieure de l’Ontario. Ceux-ci nous apprennent que Banro corporation accuse la maison d'édition et les auteurs d'avoir écrit et publié « délibérément et en toute connaissance de cause » de fausses affirmations à son sujet.

La véracité des documents de base mise en cause


Des affirmations basées sur des documents publiés précédemment que la compagnie minière avait estimé diffamatoires. « Les défendants ont malicieusement publié ces affirmations sans avoir les moindres qualifications et sans même chercher à obtenir la version des faits de Banro ». La compagnie minière réclame aussi le retrait des étals des librairies du livre Noir Canada.

Un des auteurs, Alain Denault, se défend en insistant sur le fait qu'il n'était aucunement tenu de contacter les compagnies minières citées afin d'avoir leur avis car « leurs positions étaient bien connues ». Il rappelle en outre que, « On a cité des sources très sérieuses, dont des rapports de Humans Rights Watch et de l’ONU. Qu’est-ce qu’il y a d’erroné là-dedans. Nous avons seulement exposé des faits qui étaient connus. ».