Une nouvelle librairie relance la vie littéraire à Marcq-en-Barœul

La rédaction - 20.03.2017

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Passionnée par les livres depuis son enfance, Gwenaëlle Bel a donné vie il y a quelques mois à la librairie La Forge, située en plein cœur de Marcq-en-Barœul.  Dans une ancienne forge de Marcq-en-Barœul, la chaleur lourde du métal en fusion a laissé place à l’odeur légère du papier. C’est dans ce local atypique, au cachet certain, qu’une librairie a ouvert ses portes le 29 juin dernier.

 

 

 

Baptisée La Forge, en hommage au passé de ce lieu, celle-ci est baignée de lumière grâce à une large baie vitrée, qui donne sur une petite cour pleine de charme. Le côté chaleureux est assuré par les différentes matières qui habillent la boutique : un mur de briques rouges, un parquet, une lourde porte en bois massif, repeinte en gris, et une jolie table en fer forgé perdue au milieu du dédale des étagères.

 

Mais la véritable âme de cette librairie, c’est sans conteste sa gérante. Passionnée par les livres depuis qu’elle est toute petite, Gwenaëlle Bel est une libraire souriante, dont les yeux pétillent dès qu’elle parle de littérature. Après une carrière de gestionnaire dans le secteur privé puis associatif, la jeune femme a décidé de se lancer dans l’aventure de la librairie. « Les livres manquaient à ma vie », lance-t-elle en souriant. Elle en est désormais entourée. Et son enthousiasme est non seulement palpable, mais aussi communicatif.

 

Une librairie sur roulettes

 

La librairie La Forge a la particularité d’avoir des étagères sur roulettes. Une solution retenue par la gérante afin de pouvoir moduler ses rayons quand le besoin s’en fait sentir : en fonction des saisons, lors de l’accueil d’auteurs, etc. Côté références, Gwenaëlle Bel a démarré avec 8 000, mais en compte désormais 10 000.

 

« La répartition du fonds est plutôt classique, au regard des statistiques. Nous avons 40 % de littérature, 10 % de sciences humaines, 10 % de bandes dessinées, 15 % de vie pratique et 25 % de littérature jeunesse. Ce dernier rayon représente d’ailleurs 35 % de nos ventes », détaille la libraire. Et quelques ajustements sont encore à prévoir : « Nous sommes toujours en phase de tests », indique-t-elle, avant de préciser : « Le polar marche par exemple très bien, mais la science-fiction et la fantasy un peu moins, nous allons donc réduire ce rayon. Les sciences humaines fonctionnent très bien, notamment l’histoire, la politique et la religion. Nous venons aussi de constater que l’humour en BD marche pas mal. »

 

La Forge a aussi un petit espace papeterie qualifié de « sélectif » par la gérante : « Nous ne sommes pas sur des fournitures scolaires, mais sur des produits de qualité. Nous répondons aussi aux demandes spécifiques des clients. » Enfin, la librairie possède un espace animation qui accueille, par exemple, des ateliers de réflexion pour les 8-15 ans, à partir d’un livre, ou encore des ateliers lecture pour un jeune public.

 

La seule librairie de Marcq-en-Barœul

 

La Forge est la seule librairie que compte aujourd’hui Marcq- en-Barœul. « La mairie voulait une librairie, car seul le magasin Carrefour de la ville vendait des livres, avec, tout de même, 15 000 références », relate Gwenaëlle Bel. Elle poursuit : « La mairie a donc fait un appel à manifestation d’intérêt. J’étais de mon côté en contact avec l’association des libraires du Nord-Pas de Calais, qui a transmis mes coordonnées. Je cherchais à cette époque un emplacement aux environs de Lille, mais je n’avais pas identifié le besoin à Marcq-en-Barœul. »

 

Plusieurs candidats ont présenté un projet à la mairie, mais c’est celui de Gwenaëlle Bel qui a su retenir l’attention. Pour le mener à bien, la jeune femme s’est associée avec un libraire aguerri : Gonzague Steenkiste, le gérant de la librairie lilloise Le Bateau livre. « Il a accepté d’investir et possède une partie du capital de la librairie. C’est moi la gérante et il joue le rôle de mentor : il tient son magasin depuis 18 ans... »

 

La libraire s’est également associée à l’Adelc (association pour le développement de la librairie de création), qui a soutenu le projet via un apport en compte courant et possède 5 % du capital de la librairie. Celle-ci a également obtenu le soutien financier du CNL (Centre national du Livre), de la Région et de la Drac. Enfin, Gwenaëlle Bel a réalisé une levée de fonds sur la plate-forme de financement participatif Ulule. Au total, le lancement de La Forge aura nécessité un investissement de 178 000 euros.

 

Un salarié à plein temps

 

Quelques mois après l’ouverture, Gwenaëlle Bel est satisfaite du démarrage de sa librairie. « Pour notre plus petite journée, nous avons fait un chiffre d’affaires de 200 euros, c’était en semaine durant le mois d’août. Et pour la plus importante, c’était un samedi, nous avons fait 2 900 euros ! » s’amuse-t-elle. La gérante mise pour la première année d’exploitation sur un chiffre d’affaires de 330 000 euros.

 

 

 

La Forge emploie déjà un salarié à plein temps, Benjamin Parage, qui a travaillé au Furet du Nord durant dix ans. « C’est quelqu’un qui sait parler du fonds et qui a une très grande culture », loue la gérante, avant d’ajouter : « Le fait d’avoir un salarié dès le démarrage se justifiait par la superficie et le potentiel de chiffre d’affaires. »

 

En attendant les premiers résultats chiffrés, Gwenaëlle Bel vit sa passion et c’est déjà beaucoup : « Le métier de libraire correspond à ce que je cherchais : être parmi les livres, animer un lieu, lui donner une âme et accueillir du public... Le livre, on ne le lit pas que pour soi, mais aussi pour s’ouvrir aux autres. Ça aide également les gens à se sentir mieux. » Et l’une de ses plus grandes fiertés, c’est que l’auteure nordiste Fanny Chiarello, qu’elle affectionne particulièrement, ait accepté d’être la marraine de sa librairie.

 

« J’ai découvert l’année dernière Le Tombeau de Pamela Sauvage et j’ai été frappée par l’attention qu’elle porte à chacun de ses mots. Elle sait véhiculer des émotions complexes à décrire. » Bien occupée au milieu de tous ces livres, Gwenaëlle Bel n’en oublie pas pour autant son ouvrage favori : Comme un roman, de Daniel Pennac. « C’est le livre que je préfère, car le lecteur y a tous les droits, y compris celui de ne pas finir la lecture », glisse-t-elle dans un sourire.

Élodie Soury-Lavergne

 

La Forge

5 place du Général de Gaulle,

Marcq-en-Barœul

Du mardi au samedi de 10 h à 19 h

 

 

en partenariat avec le CRLL Nord Pas de Calais