Plus de poésie sur France Culture, la pétition est lancée

Julie Torterolo - 28.07.2015

Edition - Société - ça rime à quoi - France Culture - Pétition


La poésie semble décidément s’échapper de France Culture. Cette dernière, par la voix de son ancien directeur, Olivier Poivre d’Arvor, annonçait il y a quelques semaines la disparition de sa dernière émission dédiée à la poésie, « Ça rime à quoi ». Une nouvelle qui est restée en travers de la gorge de beaucoup, notamment dans le milieu littéraire. Après Jean-Pierre Siméon, directeur artistique du Printemps des poètes qui avait élevé sa plume, c’est au tour de Secousse de montrer son mécontentement. La revue littéraire a ainsi lancé une pétition pour le retour d’une heure hebdomadaire dédié à la poésie sur les ondes.

 

Speak No Evil

(Neal Sanche, CC BY-NC 2.0)

 

Disponible sur la plateforme change.org, la pétition, intitulée « Poètes, hors des ondes? Pour une heure d’émission hebdomadaire sur France Culture » est directement adressée à Fleur Pellerin, Mathieu Gallet et Olivier Poivre d’Arvor. Même si ce dernier n'est plus d'un grand secours : il a en effet été licencié par le PDG de Radio France, Mathieu Gallet, il y a moins de 3 semaines. Un retournement de situation, donc, pour celui qui avait justement décidé de la suppression d’émissions, pas assez rentables, telle que « Ça rime à quoi » de Sophie Nauleau.

 

La pétition fait également état de la disparition ces dernières années de 3 autres émissions à savoir Panorama, de Poésie sur parole et Du jour au lendemain. « On n’exige tout de même pas le retour du Club d’essai du poète Jean Tardieu (ses 6h hebdomadaires de poésie!), mais la poésie étant constitutive de la culture, il est inadmissible de ne pas lui octroyer la place qui lui revient naturellement » interpelle la revue Secousse. C’est ainsi que la page, ayant déjà récolté 232 signatures, requiert au minimum « une émission d’une heure par semaine » sur la poésie. 

 

Bien que « Ça rime à quoi » doit être remplacée par des interventions de Jacques Bonnaffé, pour Secousse, il ne fait aucun doute : « Il s’agit d’une démarche démagogique, pilotée par des décideurs que seul l’audimat captive et dont on peut se demander si leur choix (leur grille) n’est pas le reflet de leur consternante paresse intellectuelle autant que de leur asservissement à la tyrannie de l’actualité ».

 

Des mots acerbes qui rappellent le climat de tension que vit Radio France depuis l’arrivée de Mathieu Gallet.