Une retraitée allemande prend une oeuvre d'art pour de simples mots croisés

Orianne Vialo - 04.08.2016

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Une dentiste retraitée allemande répondant au nom de Hannelore K. était en visite au Neues Museum​ de Nuremberg (Allemagne) — consacré à l’art du design — quand elle s’est retrouvée devant une grille de mots croisés géante, créée par l’artiste allemand Arthur Köpcke. L’œuvre portait l’inscription « insérer des mots, de façon à ce qu’ils conviennent », indications que la retraitée a prises au pied de la lettre. Aujourd’hui, elle est accusée d’avoir endommagé l’œuvre estimée à 68.000 £ (environ 80.000 €), qui avait été prêtée au musée par un collectionneur privé. 

 

(photo d'illustration, domaine public)

 

 

Armée de son stylo à bille, la femme de 91 ans avait rempli les cases vides par des mots anglais, comme le demandait l’artiste sur son œuvre, sans être arrêtée tout de suite par les gardiens du musée, puisque l'Allemande a eu le temps de remplir plusieurs mots sur la grille de mots croisés géante.

 

Elle a été interrogée par les policiers, à la mi-juillet, afin d’expliquer ce qui l’avait poussée à commettre cet acte. Elle estime qu’elle est la seule à avoir vraiment compris le travail de l’artiste. Lui donnant raison, notamment parce que les ajouts d’Hannelore K. ont pu être retirés de l’œuvre sans l’endommager, son avocat Heinz-Harro Salloch estime qu’elle a agi dans une démarche créative. Selon lui, la retraitée n’a causé aucun dommage permanent à l’œuvre, mais au contraire, l’objet a probablement pris davantage de valeur, car le fait divers a intéressé un large public. 

 

« Elle a établi la volonté du créateur original, en se basant sur le même niveau artistique que M. Köpcke » explique-t-il. Persuadé qu’elle ne sera pas poursuivie, Heinz-Harro Salloch insiste sur le fait qu’il n'était pas interdit de prendre au mot la demande inscrite par l’artiste sur son œuvre.

 

« S'il n'est pas précisé que la demande de l'artiste ne doit pas être suivie, il convient de suivre ses recommandations en toutes circonstances, donc ne soyez pas surpris si le visiteur se dit : “Eh bien, je vais le faire” », indique Hannelore K. (via Süddeutsche Zeitung) L'avocat d'Hannelore souligne même que sa contribution à l'œuvre lui confère des droits d'auteur sur cette dernière, sans même parler de la valeur supplémentaire accordée par le « geste artistique » d'Hannelore.

 

Intitulée « Reading/Work-Piece », cette œuvre avait été réalisée par l’artiste allemand Arthur Köpcke, dont le travail englobe la littérature et la peinture, en 1977.