Une sexualité épanouie, pour un mariage idéal ? Presque

Clément Solym - 31.07.2014

Edition - Bibliothèques - mariage idéal - retard bibliothèque - livre couple


S'il n'y a pas d'amour heureux, on peut au moins travailler à un mariage parfait. Ou presque. Un petit étourdi vient de renvoyer à la Bibliothèque publique de New York un ouvrage de Th.H. Van de Velde, Ideal Marriage, qu'il aurait dû rapporter avant le 17 août 1959. Cet ouvrage scientifique, porté sur le sexe, n'a pourtant pas eu bonne presse auprès des bibliothécaires...

 

 

 

 

Paru en 1926, Ideal Marriage: Its Physiology and Technique aura peut-être servi à pimenter la vie du pauvre bonhomme qui l'avait emprunté. Écrit par un gynécologue de Londres, il connut un certain succès, avec 56 réimpressions, et après la Seconde Guerre mondiale, il fut vendu à plus d'un demi-million d'exemplaires. La dernière parution remonte à 2000, c'est tout dire.

 

« Le but essentiel du mariage se compose d'un plaisir sexuel partagé par le mari et la femme », assure tout de go le bouquin. Et dans sa plus récente édition, il se présente comme un manuel « sur la méthode d'une technique érotique, en tant qu'art pour le mariage ». Tout un programme dont on comprend qu'il fut alléchant.

 

Mais le pauvre ère qui l'avait emprunté n'aura pas eu l'occasion de le rendre en personne. Ce sont ses beaux-parents que l'ont rendu. « Nous avons trouvé ce livre en retard parmi les affaires de mon beau-frère. Le plus drôle est que le livre n'a pas aidé à faire durer son premier (et unique) mariage... qui a raté. Pas étonnant qu'il ait caché ce livre. Aussi, nous sommes désolés. » 

 

Une note d'excuse qui en dit long, soit sur les capacités à appliquer les savants conseils, soit sur... bref. Le livre fut renvoyé de l'Arizona, et l'on ignore ce qui a pu arriver à l'emprunteur, qui devait porter de sérieux espoirs pour préserver son mariage... 

 

Triste histoire, et d'autant plus, si l'on se fie aux annotations laissées en marge du livre, par un des employés de l'époque. Un livre « très verbeux », promet-il, considérant que « c'est certainement plus juteux que Le tropique du Cancer ». Jolie référence. (via NYPL)