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Une substance miracle contre l'obésité : l'auteur envoyé en prison

Clément Solym - 14.11.2013

Edition - Justice - lutte contre l'obésité - prison - ordonnance


Il aura fallu moins d'une heure aux jurés pour déterminer la culpabilité de Kevin Trudeau, homme de télévision américain, et auteur d'un livre permettant de maigrir. Coupable, donc, d'avoir enfreint un règlement de la Federal Trade Commission de 2004, concernant la promotion d'une oeuvre.

 

 

 

 

Le livre The Weight Loss Cure 'They' Don't Want You To Know About, a bénéficié en 2006 et 2007 de promotions publicitaires diffusées à 32.000 reprises. Or, les messages publicitaires étaient en contradiction avec les propos du livre, et finalement en devenaient mensongers. 

 

Dans le premier spot de 2006, l'auteur expliquait que, pour vaincre l'obésité, il n'était ni nécessaire de faire un régime, ni de faire du sport. Or, le livre demande aux lecteurs de marcher une heure par jour, et de limiter sa consommation à 500 calories. Une contradiction évidente, et une infraction qui ne l'était pas moins. 

 

Son avocat aura bien tenté de faire valoir la liberté d'expression, durant ces spots publicitaires, personne n'est tombé dans le panneau. C'est que le livre promettait de permettre à quiconque de manger tout et n'importe quoi, sans prendre de poids, grâce à une substance découverte en 1950, qui sera un véritable produit miracle. 

 

Mais en 2004, il avait été condamné pour publireportage, et l'ordonnance du tribunal lui interdisait alors de faire une promotion fallacieuse de son livre. Pour avoir violé cette ordonnance, l'intéressé a été placé en détention immédiate, le juge de district ayant considéré qu'au vu des comptes bancaires situés à l'étranger, le risque de fuite était trop important. 

 

Trudeau est un homme de marketing avant toute chose, et depuis des années a proposé à la vente des produits miracles permettant de lutter contre le sida, la perte des cheveux ou de mémoire, l'obésité. Ses messages publicitaires se retrouvaient régulièrement à la télévision, diffusés tardivement dans la nuit. 

 

En 2004, il avait accepté de verser 2 millions $ d'amende, avec en contrepartie de ne plus jamais reproduire de messages publicitaires mensongers.