Une Torah sur la Lune, changée en entrepôt de stockage géant

Clément Solym - 23.06.2014

Edition - International - Sefer Torah - Lune Google - robot film


« Nous envoyons une Torah sur la Lune », clame le site en anglais. Le projet semble un peu fou, mais l'idée est bien là : placer dans un caisson étanche sécurisé un rouleau de la Torah, le Sefer Torah. Et expédier cette copie manuscrite sur la Lune « pour célébrer les innombrables contributions de cet ancien livre à la morale, la justice, l'éducation, la culture l'art et les sciences ».

 

 

Sefer Torah

Alexander Smolianitski, CC BY NC SA 2.0, sur Flickr

 

 

On ignore si Sting chantera en reggae cet alunissage prochain, mais une Torah va bel et bien marcher sur la Lune. Le projet est monté depuis Tel-Aviv, dans le cadre du Google Lunar Xprize. La société s'est engagée à la hauteur de 20 millions $ pour prendre part au financement de ce lancement. Mais il faudra arriver à fabriquer un robot qui se posera sur le sol lunaire, et parcourra 550 mètres, tout en réalisant deux vidéos. Dix-huit équipes dans le monde sont entrées en compétition, et ont reçu des gages de la NASA, leur donnant accès à une partie des laboratoires d'essais et d'expertises scientifiques.

 

Le manuscrit sera encapsulé dans un boîtier qui protégera le texte des changements de températures et des rayonnements solaires durant au moins 10.000 ans, garantit-on. Si durant la journée, il peut faire jusqu'à 122° sur la Lune, la nuit, la température tombe à -137°. Et pour ne pas être sectaires, les prochains vols embarqueront un exemplaire du Veda et le Yi Jing, ouvrage de philosophie chinois. 

 

Il ne s'agit pas simplement de faire de la Lune une grande bibliothèque, mais bien d'envisager que le satellite devienne une sorte de serveur de stockage géant pour une planète Terre. Et l'image est réelle : ces missions qui visent à faire de la Lune une sorte de gigantesque entrepôt, où l'on abriterait tout ce que l'espèce humaine a pu réaliser. Le premier des vols pourrait intervenir fin 2015. 

 

Paul Aouizerate, qui travaille sur le projet Torah on the Moon, souligne que ces trois textes comptent parmi les plus anciens au monde, rédigés voilà plus de 3000 ans. « Ils sont importants pour des milliards de personnes. » Or, si la mission globale a une vocation culturelle - et de préservation patrimoniale - la nature religieuse des livres est certainement de nature à troubler certains. Le Sefer Torah, pour ne parler que de lui, est censé être traité avec un intérêt tout particulier, et déjà les chercheurs en études juives grincent des dents. 

 

Il espère arriver à récolter entre 16 et 20 millions $ en demandant aux croyants de parrainer chacune des lettres du texte du Sefer Torah. Sa proposition est simple : le Sefer Torah compte 304.805 caractères, et chacun peut être vendu à un particulier. Et le même modèle de financement pourrait être repris pour les autres textes. Il remporterait alors le Google Lunar XPrize, et profiterait du vol à direction de la Lune. 

 

N'oublions pas qu'en 1971, la mission Apollo 15, sous le commandement de David Scott, avait déposé une Bible, sur la Lune. Un geste qui avait rendu furieux des millions d'athées. (via New Scientist)