Une traduction française de Mo Yan coupable de violation du copyright ?

Clément Solym - 25.10.2012

Edition - Les maisons - Mo Yan - La Carte au trésor - éditions Philippe Picquier


Le site French.China.org n'y va pas avec le dos de la baguette : la couverture de La Carte au trésor du Nobel Mo Yan, publié par les éditions Philippe Picquier, violerait « les lois du copyright » en utilisant une peinture de Guo Wei sans son accord préalable. Le peintre s'est exprimé sur Weibo, le Twitter chinois, pour faire part de sa surprise.

 

 

 

Un internaute chinois, visiblement au fait du monde de l'édition française, a publié sur le réseau social Weibo la couverture de La Carte au trésor, dans la version poche publiée en 2006 par les éditions Philippe Picquier. L'auteur de la peinture, Guo Wei, a réagi en confirmant les informations qu'apportait l'internaute sur l'origine de la couverture : « Oui, il s'agit bien de mon oeuvre, mais la maison d'édition n'a pas obtenu ma permission avant la publication du livre. »

 

Aux éditions Philippe Picquier, on prend connaissance de l'information avec une surprise non dissimulée : « Les droits nous sont accordés par la Galerie Loft, à Paris, et c'est cette même galerie qui est chargée de prévenir l'auteur » explique Antonia Bou, responsable de l'achat et de la gestion des droits. « S'il y a le moindre souci, nous régulariserons la situation, nous ne sommes pas à 300 € près. Dans la plupart des cas, les droits de reproduction pour une couverture sont cédés gratuitement, en raison de la promotion qui est faite pour l'artiste. »

 

La Galerie Loft, contactée par ActuaLitté, nous confirme que « l'image provient bien de notre propre banque » et que la Galerie représente officiellement Guo Wei en France. Et juge que le message de l'auteur est dû à un oubli : « Il a dû se dire que cela ne venait pas de nous, même s'il ne nous a pas contactés pour l'instant. » Notre interlocutrice nous précise que l'auteur a toujours un droit d'opposition a posteriori, et que la cession est de toute façon effectuée avec son accord - ou celui de ses avocats.

 

Un problème de communication, visiblement, qui n'est toutefois pas un cas isolé : « Avec le Japon, les droits sont difficiles à obtenir, pour des raisons plus logistiques que financières », nous explique  Isabelle Lacroze, responsable des relations presse chez l'éditeur français. « Pour L'histoire du manga, par exemple, nous avions pris beaucoup de retard ainsi. Nous avons un bon réseau en Chine et au Japon, c'est plus facile pour nous, mais la France n'est pas une priorité dans ce type de négociations. »