Une TVA réduite sur l'ebook, pour aider les éditeurs espagnols

Clément Solym - 20.07.2011

Edition - Justice - espagne - industrie - livre


En France, la baisse de la TVA sur les livres numériques est prévue pour le 1er janvier 2012. En attendant, le Syndicat national de l'édition a promis une grande campagne d'évangélisation à Bruxelles, pour faire passer la nouvelle. Du côté espagnol, on travaille toujours sur le dossier.

Le vice-président et le ministre de l'Intérieur, Afredo Perez Rubalcaba reconnaissait, la semaine passée, que la contradiction entre la TVA pratiquée sur le livre papier et l'ebook n'était définitivement pas facile à comprendre. Et surtout, qu'une TVA réduite devrait s'imposer pour ce dernier.


Aujourd'hui, la TVA papier est fixée à 4 %, contre 18 % pour le numérique. Et durant une réunion qui se tenait le 7 juillet à l'université Menedez Pelayo de Santander, le ministre a fait valoir une nécessaire diminution de ce taux. Cela dit, « c'est une décision qui se résoudra à Bruxelles », a-t-il lancé, face aux éditeurs présents pour les discussions. Éditeurs qui ont tout de même applaudi ce qui a été pris comme une déclaration d'intention.

Jesús Badenes, directeur général du groupe Planeta, précisait d'ailleurs que dans d'autres pays, les TVA appliquées au papier et au numérique étaient assez similaires. L'Union internationale des éditeurs avait à ce titre dévoilé une étude faisant état des différents taux, un peu partout appliqués dans le monde, pour conclure qu'il était plus que temps que Bruxelles se décoince sur le sujet. (notre actualitté)

Sur l'année 2010, les ventes de livres ont tout de même baissé de 7 %. Et si les éditeurs réclament des mesures urgentes pour continuer sereinement leur activité, le ministre a estimé que le pays « voyait la lumière, au bout du tunnel ». (via Publico)

'On perd de l'argent'

Et à ce titre, le taux élevé de TVA compte parmi les difficultés que les maisons rencontrent pour diversifier leurs sources de revenus. Outre que l'on constate une tarification élevée des lecteurs ebook, et donc un faible taux de pénétration dans le pays. « En Espagne, il y a 200.000 exemplaires, tandis qu'aux États-Unis, on en compte 30 millions », explique Ofelia Grande.

L'Espagne a un catalogue d'environ 27.000 ouvrages numérisés, mais aujourd'hui, les revenus liés à la vente d'ebooks sont loin de couvrir les investissements. Antonio Maria Avila, directeur de la Federación del Gremio de Editores, souligne : « On perd de l'argent en vendant des ebooks. »

Reste un point optimiste à souligner : la fin, ou le début de la fin, en tout cas, d'une croyance solidement enracinée, et faisant du livre numérique le fossoyeur des livres papier. Ce même Antonio expliquait en effet : « Nous ne sommes pas dans l'alternative ebook ou papier, mais dans une complémentarité et un renforcement. Ce sera une expansion pour les entreprises, et non une perte pour le livre papier. » (via El Mundo)

Alléluia