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Université du Qatar : les études littéraires entravées par la censure

Julien Helmlinger - 30.09.2013

Edition - International - Qatar - Censure - Université


Au sein de l'université du Qatar, pays où l'on avait dernièrement trouvé d'intérêt public que de filtrer les images de Porcinet, l'impur camarade de Winnie l'ourson, la censure complique la tâche aux élèves en littérature. Comme le confie Maimoona Rahman, étudiante, elle et ses camarades de classe ont recours aux bibliothèques universitaires occidentales de Education City, afin de compléter leurs recherches.

 

 

Crédits Qatar University

 

 

Au programme de ce semestre automnal, une enseignante de l'université du Qatar a donné une liste d'oeuvres littéraires arabes, écrites par des femmes, à ses élèves. Une liste au sein de laquelle on retrouve notamment The Stone of Laughter, de Hoda Barakat, centré sur un protagoniste gay. Les titres évoquant des questions comme la sexualité féminine et les rôles entre les sexes peinent à trouver une place au catalogue.

 

Comme l'explique le service bibliothécaire de l'établissement, la plupart de ces livres ayant été interdits dans d'autres pays arabes, ils ne sont pas disponibles au sein de l'université.

 

En conséquence, les étudiants en Littérature anglaise sont encore plus durement concernés par le manque de ressources accessibles. La bibliothèque universitaire ne disposerait à peine que de quelques grands classiques, romans contemporains et livres théoriques. 

 

Début 2012, tandis que le service de prêt a été changé de bâtiment, les élèves s'attendaient à un élargissement du catalogue disponible, mais celui-ci aurait été dérisoire. On trouve désormais les Midnight's Children de Rushdie, mais la présence de l'auteur menacé de fatwa n'a pas manqué de susciter des protestations sur la page Facebook de l'université.

 

Pour les mécontents, « l'auteur anti-islamique doit être retiré » des étagères. Quand d'autres étudiants, la plupart d'entre eux, auraient estimé qu'en raison du fait que le livre disponible ne correspondait pas aux controversés Versets sataniques, il devait être conservé. 

 

Pour pallier le manque d'ouvrages, les étudiants inscrits en classes littéraires auraient en conséquence recours à la consultation de la bibliothèque de l'université de Georgetown qui se trouve basée au Qatar. Un endroit épargné par la censure en comparaison à l'université du Qatar. 

 

(via JustThere)