Universités : la spécialisation des étudiants doit-elle se faire plus tardive ?

Clément Solym - 15.07.2010

Edition - Société - universités - spécialisation - rapport


Depuis déjà de nombreuses décennies, le parcours suivi par un élève a toujours été modifié afin de retarder au maximum la spécialisation dans la formation choisie. C’est notamment ce qui s’est établi avec l’évolution du baccalauréat qui, désormais obtenu par un très grand nombre de candidats, restent le sésame d’une poursuite des études.

En plus des différents bacs généraux, l’offre en bacs technologiques ou professionnels s’est progressivement constituée permettant à ces élèves de franchir les portes de l’université ou, tout simplement, d’intégrer des formations de types BTS ou IUT.

Dans la seconde partie de son rapport remis à la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Aghion, professeur d’économie à Harvard, préconise d’aller encore plus loin dans le retardement des fortes spécialisations.

S’inspirant des différents mécanismes mis en place dans plusieurs pays, il propose que les premières années de l’université se transforment, pour l’étudiant, en une spécialisation très progressive.


Si déjà, avec le passage à la semestrialisation et au parcours licence/master/doctorat, des aménagements en ce sens ont été mis en place, l’auteur de ce rapport envisage d’aller encore plus loin.

Actuellement, en première année, les étudiants se retrouvent à suivre un premier semestre commun, mais avec différents jeux d’options, entre des filières de formations proches, que ce soit en lettres, histoire et langues, droit et économie ainsi que dans les sciences.

M. Aghion évoque aussi la possible création de ce qu’il nomme des « collèges universitaires », où toutes les filières du premier cycle se retrouveraient réunies. Le but poursuivi reste de favoriser une insertion professionnelle toujours plus aisée par la suite.

D’un point de vue strictement financière, selon l’auteur de ce rapport, il faudrait consacrer aux universités jusqu’à 2 % du PIB pour assurer un système de formation performant. Après première lecture de ce document, Valérie Pécresse s’est montrée plutôt accueillante concernant l’ensemble des propositions établies par M. Aghion.