Universités : Retrait immédiat de la réforme Pécresse, sinon... !

Clément Solym - 10.02.2009

Edition - Société - pecresse - enseignants - chercheurs


Les enseignants-chercheurs ne sont pas prêts à reprendre le dialogue avec le gouvernement tant que les « réformes controversées » ne seront pas retirées. Hier déjà neuf présidents et vice-présidents d'universités lançaient un appel aux ministres. Aujourd'hui, l'université de Paris XI a joint sa voix à cet appel.

Guy Couarraze, son président a déclaré : « Revenez sans tarder, madame la ministre, sur un texte ayant déjà suscité des mouvements dont le durcissement, ou même l'enlisement, ne ferait que des perdants : des étudiants à nos établissements, en passant par tous nos personnels ».

Dans cette lettre à la ministre, il a affirmé que : « les enseignants-chercheurs de notre université ne retrouvent pas leurs attentes personnelles , ni leurs aspirations générales [...] dans l'actuel projet de décret sur leur statut, tant pour la comptabilisation des charges et les principes de modulation de service que sur les règles d'évaluation et les modalités d'avancement ».

Valérie Pecresse fait intervenir une médiatrice

La ministre se dit pourtant ouverte au dialogue, avait proposé hier, une « concertation » afin que le gouvernement et les syndicats puissent « retravailler » ensemble cette réforme. Elle avait aussi prolongé la période de discussions de deux mois et avait proposé une médiatrice, Claire Bazy-Malaurie, présidente de chambre à la Cour des comptes.

Les syndicats ne sont pour autant pas convaincus de la pertinence de la présence d'un médiateur. Pour le Snesup-FSU, il s'agit là d'une « manœuvre dilatoire ». La secrétaire de ce syndicat, Sylvie Pittia estime qu'il y a un problème de « crédibilité » dans le choix de cette médiatrice.

La concertation , farce ou main tendue ?


Le Snesup-FSU ne sera pas présent à la concertation avec la ministre prévue pour demain et après-demain, estimant qu'il s'agit d'une « pseudo-concertation» aux allures de « farce ». Le Snesup-FSU a appelé les autres syndicats à agir pareillement : « Valérie Pécresse tente d'affaiblir et de diviser notre mouvement, elle ne répond pas clairement à notre demande de retrait ».

L'Unsa éducation moins sévère estime qu'il s'agit d'une « main tendue » de la ministre, mais le syndicat maintient l'appel à la manifestation. enfin l'UNEF (un des syndicats étudiants) a rejoint la cause des enseignants-chercheurs. Ils s'inscrivent contre la réforme des universités et celle du décret statutaire. De plus, ils réclament la mise en place d'un plan social étudiant pour faire face à la crise. ils « demandent au gouvernement de changer de politique en matière d'enseignement supérieur et des mesures pour faire face à la crise et répondre à la précarité ».