Urgence en Amérique du sud pour des tarifs postaux préférentiels

Clément Solym - 30.07.2010

Edition - Société - poste - livres - prix


L'Alliance internationale des éditeurs indépendants vient de prendre position sur un problème rencontré en Amérique latine, autour des tarifs postaux pour le livre. Dans un communiqué publié sur son site l'Alliance tire la sonnette d'alarme.
« Alertée par ses membres latino-américains de la remise en question et de la disparition progressive des tarifs postaux préférentiels pour le livre dans de nombreux pays d’Amérique latine, l’Alliance a, face à cette situation préoccupante, souhaité réagir en menant une action de plaidoyer.

Alors que les éditeurs indépendants latino-américains rencontrent des difficultés toujours plus grandes pour faire circuler leurs productions, l’existence de tarifs postaux préférentiels pour le livre représente en effet un enjeu décisif pour le maintien d’une indispensable bibliodiversité.
»
Saisie par son réseau hispanophone en 2009, l'Alliance a donc entamé plusieurs procédures pour faire remonter un maximum d'informations. C'est d'ailleurs ce réseau, comptant des éditeurs membres directs, ainsi que des collectifs d'éditeurs qui est à l'origine du texte.


Or, il est évident que pour favoriser la circulation des livres, les services, la question des frais postaux se pose. Mathieu Joulin, de l'Alliance nous explique cependant qu'en fonction des pays, les situations ne sont pas du tout les mêmes. « En Uruguay, il existe une loi offrant un tarif préférentiel, mais elle n'est pas appliquée. L'envoi d'ouvrages à l'étranger devient hors de prix. De même, le Guatemala, lui, dispose également d'une loi, mais la remise accordée n'est pas du tout intéressante pour les éditeurs ni les libraires. »

Du bon tout de même, des pistes à suivre

L'un des exemples positifs est celui du Chili, où l’association Editores de Chile est parvenue à ce que perdure le système des Sacs M, permettant l'envoi groupé dans une limite de 30 kg, et pour lequel un véritable tarif préférentiel existe.

Cette solution rejoint la recommandation émise par le Cerlalc, de parvenir à une réduction de 50 % au moins, par rapport au tarif normal pour les envois nationaux et internationaux, dans le cadre du livre, sans prendre en compte la quantité d'ouvrages envoyés. (en savoir plus)

En France, poursuit M. Joulin, il existe un tarif préférentiel pour l'étranger, mais pas en national, alors qu'un tel dispositif est prévu dans quelques pays de l'Europe. « C'est une barrière très importante dans la diffusion du livre, et si le réseau hispanophone s'en est saisi, nous avons eu connaissance des mêmes problématiques autour de ces enjeux en Afrique. »

Pour l'heure, l'appel à été envoyé aux membres du réseau hispanophones, mais également à Cultures France, qui n'en a pour le moment pas fait mention sur son site internet. « Il revient maintenant aux éditeurs de faire remonter cet appel aux pouvoirs publics de leur pays, mais c'est une procédure qui prendra des mois avant que l'on ne voie quelque chose évoluer. » Le ministère des Affaires étrangères a également été informé de cet appel, mais les vacances, que voulez-vous...

L'intégralité de l'appel se trouve à cette adresse.

Si vous souhaitez signer ce texte, il est possible d'adresser un message à lhugues@alliance-editeurs.org en précisant les données suivantes : Nom, Prénom, Institution, adresse mail.