USA : arnaque à l'infraction au copyright pour des autopubliés

Antoine Oury - 09.03.2015

Edition - Justice - arnaque DMCA Becca Mills - scam phishing escroquerie - autopublié autopublication


L'auteure autopubliée Becca Mills, qui a notamment signé les deux premiers tomes d'une série de « fantasy urbaine », a partagé une douloureuse expérience d'arnaque à l'infraction au copyright. L'auteure a reçu un signalement pour infraction au copyright, puis plusieurs mails d'un homme désireux de l'aider dans les démarches pour s'y opposer. Mais cette main secourable était visiblement celle qui avait déclenché le signalement DMCA.

 

 

3D Broken Copyright

(Chris Potter, CC BY 2.0)

 

 

Becca Mills a eu la désagréable surprise de recevoir un mail officiel, envoyé sous l'égide du DMCA — Digital Millenium Copyright Act, destiné à lutter contre la diffusion de contenus en infraction au copyright sur le Web. Son premier livre, Nolander, diffusé via Smashwords et Amazon, était un contenu qui violait le droit d'auteur, lui apprenait l'email, d'un livre publié en 2011 par un autre auteur. Le site d'autopublication Smashwords a fait la vérification, et confirmait les accusations du signalement DMCA.

 

L'auteure se préparait à contester, mais elle a reçu entre-temps le mail d'un individu, Kelvin, qui se présentait comme un fan, résident en Inde, et qui cherchait à se procurer le livre désormais retiré des plateformes Amazon et Smashwords. 

 

« Une attaque malveillante sous la bannière du DMCA peut condamner la carrière d'un auteur », soulignait même son interlocuteur. Mills a mené sa propre enquête, et découvert qu'il était assez simple de déclencher un retrait pour infraction au copyright : « Il suffit de prendre un livre publié avant Nolander, d'y ajouter quelques passages tirés de Nolander, télécharger le nouveau titre et d'informer Amazon et Smashwords d'une infraction au copyright », résume-t-elle.

 

Ce qui ressemble fort à une nouvelle technique d'arnaque, une variation du « scam » bien connu de l'héritier qui vous contacte par mail pour transférer une importante somme d'argent.

 

L'inconnue de l'affaire, c'est que l'auteur des mails — qui serait vraisemblablement derrière le signalement DMCA — n'a jamais demandé d'argent à Mills, ni fourni de liens vers un site à même de générer de l'argent. Le dernier mail de Kelvin, qui s'était aussi présenté sous le nom Kushal Das, prévient tout de même l'auteure : « S'il vous plaît, ne téléchargez pas l'ouvrage avant d'avoir résolu l'infraction DMCA. Sinon, ça va devenir vraiment grave. » Réalisant que Mills n'était peut-être pas la bonne cible, et que ses contestations avaient finalement permis de remettre en ligne ses livres, Kelvin a visiblement lâché l'affaire.

 

Malgré tout, prudence donc, l'arnaque a de l'imagination...

 

(via TeleRead)