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USA : les demandes de censure de livres ont augmenté de 17 % en 2016

Clément Solym - 25.09.2017

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Le coup d’envoi donné, la Banned Books Week peut débuter confortablement. Durant la semaine du 25 au 30 septembre, les États-Unis célèbrent les ouvrages censurés et le droit de lire. La coalition qui réunit de nombreuses organisations professionnelles est avant tout portée par l’Association des Bibliothèques d’Amérique (ALA). Cette dernière publie chaque année la liste des titres frappés par la censure...

 



 

Homosexualité, personnages LGBT, langage potentiellement offensant, ou encore scènes de sexe inconvenantes pour de jeunes lecteurs : les motifs de censure tournent souvent autour des mêmes questions. Mais cette année, comme les précédentes, l’ALA déplore une hausse des cas de censure.

 

En 2016, les plaintes – émanant des usagers de bibliothèques, et bien souvent des parents – ont augmenté de 17 %, a constaté le Bureau de la liberté intellectuelle (relié à l’ALA). Mais les plaintes touchent également des bibliothèques scolaires et des librairies. 
 

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La Banned Books Week rappelle ainsi, depuis 1982, à l’ordre tout un chacun, citant le premier amendement de la constitution américaine d’où découle le droit de lire. 

 

Dans un communiqué, l’association des éditeurs américains assure que les ouvrages de ses membres « encouragent les enfants et les jeunes adultes à explorer des mondes par-delà leur propre culture, avec des concepts qu’ils n’auraient pas découverts autrement. En tant que stewards d’une société démocratique, les éditeurs aident les jeunes esprits à disposer d’une liberté et d’un accès aux livres qu’ils choisissent », assure Tina Jordan, la vice-présidente. 

 

L’opération, côté Association of American Publishers, est pilotée par Penguin Random House et Hachette Book Group. En outre, PRH et le DKT Liberty Project sont financeurs de la manifestation. 

 

L’événement annuel s’accompagne enfin d’un défi de lecture, adressé à tous, et concernant les ouvrages les plus censurés. Le projet est de parler le plus possible de ces ouvrages, pour tenter de faire reculer la censure, « qui constitue une menace pour la liberté d’expression et de choix », pointe l’ALA. 




 

Pour 2016, ce sont 323 livres qui ont été touchés par la censure (la liste à cette adresse). Quant aux trois titres les plus censurés, ce sont les suivants (nous avons présenté la version française, quand c’était possible) : 

 

Cet été-là, de Mariko Tamaki et illustré par Jillian Tamaki (Editions Rue de Sèvres, traduction Fanny Soubiran)

En cause : personnages LGBT, usage de drogues et de gros mots, et sexuellement trop explcitie

 

En scène (Drama, en version anglaise), de Raina Telgemeir, (Editions Akileos)

En cause : personnages LGBT, sexuellement explicite, point de vue politique offensant

 

George, d’Alex Gino (Editions L’école des loisirs, traduction par Francis Kerline)

En cause : met en scène un enfant transgenre ; des éléments sexuels inappropriés pour des élèves de niveau élémentaire.

 

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