Va-t-on rouvrir le débat sur la mixité scolaire ?

Clément Solym - 16.09.2010

Edition - Société - mixité - scolaire - débat


La mixité au sein de l’enseignement public et privé sous contrat intervient à présent en France comme une donnée fondamentale en matière d'éducation. Il est d’autant plus difficile de s’attaquer à cette situation mise en place progressivement dans les années 60.

Mais certaines études tendent à démontrer que les choses ne sont pas aussi simples que l’on voudrait bien nous le faire croire. Il en va ainsi d’un texte paru en juillet dernier dans la revue de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Signée par la sociologue Marie Duru-Bellat, ce document a le mérite de démontrer toute la complexité du débat.

Dans de nombreux pays développés, différents courants se font déjà entendre depuis plusieurs années pour remettre en cause la mixité scolaire et aux Etats-Unis comme en Suède ou en Finlande, des écoles tentent de mettre en pratique la division entre garçons et filles.


 
Selon l’étude menée par Marie Duru-Bellat, l’un des principaux inconvénients de la mixité scolaire est de contribuer à renforcer les visions stéréotypées de l’être masculin et de son équivalent féminin. Plus de temps en classe serait consacré aux garçons par les enseignants, avec 44 % pour les filles et 56 % pour les garçons.

Quand on remet en place la mixité, on s’aperçoit que ce sont généralement les filles qui en bénéficient le plus. Leur degré de réussite dans les matières scientifiques s’avère nettement plus élevé que dans le cadre d’une classe mixte.

Mais, en France, difficile de s’attaquer à la mixité scolaire. Ainsi, la sénatrice PS Michèle André, par ailleurs présidente de la délégation du Sénat aux droits des femmes, a tenu à faire part de son opposition à la remise en cause de la mixité scolaire.

De telles réactions apparaissent bien contradictoires quand on sait que ce sont en premier lieu les filles qui pâtissent de la mixité scolaire selon toutes les études connues à ce jour sur le sujet.