Vache maigre pour Günter Grass, qui arrête l'écriture

Antoine Oury - 13.01.2014

Edition - International - Günter Grass - écriture - retraite


L'écrivain allemand Günter Grass annonce, dans un entretien publié ce jour, déclare arrêter ses activités littéraires. En cause, une santé trop fragile - à 86 ans - et un manque de motivation pour assurer les recherches nécessaires. Il se concentrera à présent sur la peinture et le dessin, avec quelques textes produits en parallèle, tout de même, précise l'AFP.

 


Gunter Grass

Gunter Grass (Elisa Cabot, CC BY-SA 2.0)

 

 

Le quotidien allemand Passauer Neue Presse a obtenu la primeur de l'information, dans un entretien exclusif : « J'ai 86 ans à présent, je ne pense pas que j'entamerai l'écriture d'un nouveau roman. Ma santé ne me permet plus de m'investir 5 ou 6 années, et c'est le temps nécessaire pour les recherches préalables à un roman. »

 

Tout n'est pas abandonné, toutefois : si Grass a expliqué s'exprimer désormais via la peinture et le dessin, il ajoute que quelques textes ont été rédigés sur ces nouvelles activités d'illustration. Après un demi-siècle de carrière, l'écrivain semble cependant décidé à raccrocher avec le milieu de l'édition. 

 

Depuis son premier roman, Le Tambour, publié en 1959 et deux années plus tard en France, Grass est connu comme un écrivain de la mémoire, celle du nazisme et des heures les plus sombres de l'Allemagne. Enrôlé dans les jeunesses hitlériennes à 17 ans, il prend conscience des exactions nazies au moment du procès de Nuremberg, et explore sa propre culpabilité, tout comme celle de son pays, dans l'écriture.

 

Lauréat du Prix Nobel de Littérature en 1999, Grass est à la tête d'une impressionnante bibliographie, qui compte des romans, poèmes, pièces de théâtre ou encore des essais. La liste de ses récompenses est tout aussi longue, puisqu'il a également reçu le Prix Prince des Asturies. Peinture et dessin ne sont pas de nouvelles lubies, puisque Günter Grass les exerce depuis plusieurs années, parallèlement à la sculpture.

 

Il clôt sa carrière sur un dernier fait d'armes, puisqu'en 2012, son poème « Ce qui doit être dit » faisait scandale en critiquant sévèrement la politique colonialiste de l'État d'Israël. Déclaré persona non grata dans le pays, il avait récidivé avec une seconde salve de vers pas piqués des vers, dans le recueil Éphémères.

 

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