Valoriser le livre numérique

Clément Solym - 27.05.2011

Edition - Société - livre - numerique - acheter


Au Salon du livre américain («Book Expo America»), Evan Schnittman et David Steinberger ont indiqué des pistes pour promouvoir le livre numérique, auprès des lecteurs et des éditeurs.

Distinguer davantage le livre numérique de la version imprimée


David Steinberger est le président de Perseus Books Group, société de services de distribution pour les éditeurs indépendants. Selon lui, acheter un livre en ligne est « bon pour les chasseurs, mais pas pour les cueilleurs. » Autrement dit, les lecteurs n'achètent sur la Toile que les livres dont ils ont besoin.

Une idée que l'on avait déjà pu entendre lors de la table-ronde qu'animait Tom Turvey, directeur de Google Books, qui reconnaissait qu'aucun algorithme ne saurait remplacer la capacité de prescription d'un être humain. (notre actualitté) En ce sens, que les ebookstores aujourd'hui sont pratiques d'utilisation, pour qui sait déjà ce qu'il cherche, mais pas pour celui qui aime flâner...

Les éditeurs ont donc beaucoup à apprendre, selon Evan Schnittman, chargé de développement de l'économie éditoriale et de la publication numérique chez Bloomsbury.

Les éditeurs ne savent pas comment valoriser le marché du livre numérique, le prix moins élevé n'étant pas un facteur déterminant dans l'achat d'un livre ; les lecteurs achètent avant tout les meilleures ventes. Evan Schnittman invite donc à différencier davantage les deux versions.

Le numérique serait profitable aux éditeurs et aux lecteurs


Les éditeurs doivent, selon David Steinberger, investir dans le numérique. Sur la base de 50 % des titres, 2 % des bénéfices réalisés proviennent de la vente de livres imprimés, alors que 12 % des gains sont issus du débit de livres numériques. De surcroît, la Toile met, à la disposition de tous les lecteurs, des livres difficiles à obtenir dans le monde réel.

Pour Evan Schnittman, l'édition en ligne présente aussi l'avantage de pouvoir plus facilement faire respecter les droits de propriété intellectuelle aux lecteurs, car le marché virtuel est plus transparent que celui de l'impression.