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Vargas Llosa : une 'Église de l'âge des cavernes' en Amérique latine

Julien Helmlinger - 30.12.2013

Edition - International - Mario Vargas Llosa - Pape - Eglise


Comme le rapporte l'AFP, le romancier et militant politique péruvien Mario Vargas Llosa, honoré du titre de marquis en Espagne par le roi Juan Carlos, donnait une interview ce dimanche au quotidien La Republica de Lima. Tandis que le prix Nobel de littérature 2010 a salué les efforts du pape François visant à la modernisation de son Église, il a saisi l'occasion pour appeler le leader catholique à la révocation de deux archevêques d'Amérique latine qui, selon lui, représenteraient une « Église de l'âge des cavernes ».

 

 

 CC by 2.0 par Dadevoti

 

 

Au cours de l'interview, l'écrivain a notamment déclaré : « J'ai de l'estime pour le pape. Il fait des efforts qui, on peut l'espérer, se traduiront par de véritables réformes pour moderniser l'Église et lui rendre la force morale qu'elle a eue à certaines époques et qui est très importante. »

 

Dans son dernier ouvrage, Le héros discret, l'auteur évoque les changements sociaux dans son pays natal, n'est pas avare en commentaires politiques. Il a d'ailleurs été candidat malheureux à la présidence péruvienne en 1990. Il a ainsi ajouté que le pape François devrait démettre de leurs fonctions le cardinal archevêque de Lima, Juan Luis Cipriani, membre de l'Opus Dei, ainsi que le cardinal dominicain Nicolas Lopez Rodriguez, archevêque de Saint-Domingue.

 

Il a expliqué : « Je pense qu'il faut espérer que le pape François remplace ces membres de la hiérarchie ecclésiastique qui représentent une Église de l'âge des cavernes par des évêques et des archevêques plus imprégnés par la mentalité de proximité et de justice sociale que le pape François semble représenter. »

 

Mario Vargas Llosa, qui se serait toujours défini lui-même comme agnostique, a ajouté que « le cardinal Cipriani représente l'Église la plus réactionnaire, la plus intolérante et la plus fanatique qui soit et on peut espérer que la nouvelle politique du pape arrivera également au Pérou ».


Quant au cardinal dominicain Lopez Rodriguez, l'écrivain a dénoncé le fait que l'archevêque de Saint-Domingue soutiendrait « des lois racistes qui privent de la nationalité dominicaine près de 200.000 Dominicains dont le seul crime est d'être les enfants ou les descendants d'Haïtiens ». Or pour lui cette attitude est « totalement incompatible avec ce que devrait représenter l'Église catholique ».