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Vendre des livres d'occasion en librairie, c'est encore un gros mot ? Guide pratique

Clément Solym - 03.01.2017

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Réalisé par l'Agence régionale du livre PACA, le Guide pratique sur la vente de livres d’occasion en librairie brise un tabou. Source de revenus complémentaires, ou risque de cannibalisation, il était temps de dédiaboliser le livre de seconde main dans les points de vente. Le document qui suit devrait largement y contribuer.

 

Livres d'occasion - Boulinier Paris

ActuaLitté, cc by sa 2.0

 

 

« Le livre d’occasion en librairie, cela sonne un peu comme un vieux serpent de mer. Certains libraires de neuf le travaillent depuis des années, quand d’autres sont persuadés que non seulement la cohabitation est impossible, mais encore qu’il s’agit d’un autre métier », rappelle l'agence ARL PACA.

 

Et de souligner : « L’étude menée par l’ObSoCo en 2013 souligne pourtant que 72 % de la clientèle est favorable à l’existence d’un service d’achat et de vente de livres d’occasion en magasin. Mais entre livre d’occasion, livre soldé, solde d’éditeur – total ou partiel –, livre rare, livre numérique d’occasion, bourse aux livres scolaires, de quoi parle-t-on au juste et qu’englobent ces différentes terminologies ? »

 

La vente de livres d’occasion ne repose en effet pas que sur les seuls ouvrages de poches que l’on se transmet qu’on rachète et revend jusqu’à épuisement de la matière — ou destruction du livre. L’idée du guide est avant tout de présenter atouts et contraintes des produits ou services à même d’apporter cette diversification, avec une approche tant informative qu’économique.

 

Alors de quoi parle-t-on ? Livre d’occasion, livre soldé, livre ancien ou livre défraîchi ? Quand on imagine que 10 % des Français ont acheté un ouvrage d’occasion au cours de l’année, et qu’il représenterait 800 millions € (chiffre provenant d'une étude réalisée par l'institut Gfk, à prendre toutefois avec des pincettes), comment ne pas réfléchir à cette solution ?

 

Les coutumiers de l’occasion sont plutôt jeunes (49 % ont moins de 35 ans), diplômés (52 % à bac+2 minimum), parents (56 %) et 47 % perçoivent plus de 3 500 € mensuels par foyer. Leurs motivations principales d’achat sont : faire des économies (28 %), se faire plaisir (24 %), s’inscrire dans une démarche de développement durable


(15 %), s’offrir des biens inaccessibles au prix du neuf (13 %), augmenter son pouvoir d’achat (10 %) ou un besoin (6 %).

 

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Or, les clients des librairies indépendantes sont fortement intéressés par une offre en livres d’occasion : quand le service existe déjà dans la librairie, 61 % sont acheteurs au moins « de temps en temps ». S’il n’existe pas, 72 % se disent intéressés, dont 22 % envisageraient d’utiliser « souvent » ce service.

 

De même, de nombreuses opérations de récupération de livres ont été mises en place : le rachat n’est pas systématique ni obligatoire, d’ailleurs si 68 % des personnes sont intéressées, 20 % y recourent régulièrement. Toutefois, il est possible d’envisager, plutôt qu’un rachat, une avance pour d’autres livres. Le guide passera en revue tout ce qu’il est nécessaire d’envisager, avant de se lancer dans l’aventure – ou de constater que ce n’est pas possible.

 

On peut également passer par le fichier Excel du ARL PACA, pour disposer d'un outil de calcul pour déterminer le prix de vente des livres d'occasion.