Vendre son ebook : quel modèle économique pour un auteur ?

Clément Solym - 22.09.2010

Edition - Economie - modèle - vente - ebook


Avec François Bon et Publie.net, Thierry Crouzet compte parmi les expérimentateurs de la lecture numérique, et des gens qui comptent dans cet univers - sa modestie légendaire dut-elle en souffrir...

Dans le grand questionnement des pure players, qui refusent la loi sur le prix unique du livre numérique, voici donc quelques apports livrés à la communauté. Il s'agit, comme l'explique Thierry Crouzet, de penser un modèle qui permette la vente de son livre à travers son propre canal de vente : son blog.

Abonnement ou prix unique

Évoquant le prix unique, il en écarte la possibilité : « Rien d’original, j’annonce un prix, genre 3 euros. C’est à prendre ou à laisser. Je peux au mieux effectuer une promo de lancement. Je dois alors dis­tri­buer des exem­plaires gra­tuits aux pro­pul­seurs pour leur don­ner envie de pous­ser mon texte. »

Sur la question de l'abonnement, le système forfaitaire permettrait de recevoir l'ensemble des textes parus, sur une année, par exemple. Mais pour vendre depuis son blog, l'une comme l'autre des solutions ne semblent pas pertinentes.

Libre ou croissant

Restent alors les deux solutions : le prix libre, ainsi que d'autres l'ont proposé avant lui. « Avantage : un lecteur peut lire gratuitement, puis payer par la suite. J’aime bien, mais j’ai aussi peur que les gens oublient de faire un don. » Et on le comprend, tant la facilité du prix laissé à la discrétion de l'internaute tend à faire basculer la tendance vers la gratuité.

Reste alors le prix dit croissant, ou modèle Ryanair. « Au début le livre est gratuit. Plus les lecteurs en demandent, plus le prix monte, jusqu’à finir par atteindre son prix public. Les lecteurs fidèles et les propulseurs vigilants bénéficient du livre gratuitement, puis les premières fans paient modérément et les late adopters paient le prix fort. » Autrement dit, mieux vaut être d'une vigilance à toute épreuve pour profiter de la gratuité des premiers temps.

Une solution inverse, évoquée par Hubert Guillaud, est celle du prix décroissant. Faire payer le prix fort aux fans pour que les découvreurs tardifs puissent profiter d'un contenu gratuit. Risque évident : se mettre les fans à dos, qui ne comprendraient pas pourquoi ils banquent pour tout le monde.

Mais la discussion lancée mérite d'être suivie.