Venezuela : quand le livre coûtera la moitié d'un salaire moyen

Nicolas Gary - 01.07.2014

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Début juin au Venezuela, le Sénat a adopté une nouvelle législation qui porte sur le système des importations et la taxation aux douanes. Les frais pour l'import de marchandises connaîtront une augmentation des impôts de 58,7 % à 69,3 %. La circulaire, comme le redoutait  Eduardo Garmendia, président de la Confédération vénézuélienne des industries, augmentera les coûts avec un impact direct sur les prix. 

 

 

ELEICOES 2013 NA VENEZUELA

Joka Madruga, CC BY 2.0

 

 

La crise déclenchée par la hausse des frais douaniers va sévir sur tous les secteurs, et à ce titre, les éditeurs internationaux et les libraires indépendants n'ont pas dissimulé leurs inquiétudes. La question, qui n'a pas encore obtenu de réponse, est de savoir si ce modèle fiscal s'appliquera aux livres. Car dans certains cas, c'est au mieux l'effondrement de l'industrie du livre, au pire, une véritable catastrophe intellectuelle. 

 

Non seulement les éditeurs ne seront pas en mesure d'assurer les coûts d'importation, mais surtout, les livres seront de plus en plus rares sur le marché. « Les titres étrangers seront presque inaccessibles, y compris ceux que nous imprimons dans le pays. De plus, ils seront hors de portée, financièrement, pour le public », assure le directeur de la librairie Templo Interno, Alexis Romero.

 

Si la mesure décidée est mise en application, le coût d'un livre pourrait alors être multiplié par deux ou, au point que, pour certains livres, le prix de vente serait supérieur à la moitié du salaire minimum actuellement en vigueur. « Le livre est en train de devenir un produit de luxe, qu'il est de plus en plus difficile d'acquérir quand on est issu de la classe moyenne », explique un écrivain, cité par El Universal. 

 

Ce dernier est de 4251 bolivars, soit une valeur de 493 €. 

 

Pour le Sénat, la mesure permettra cependant d'importer un plus grand nombre de produits, et les taxes sur l'import seront alors redirigées pour « répondre aux besoins socio-économiques du peuple vénézuélien ». Mais ce dernier ne s'est toujours pas prononcé sur plusieurs problèmes qu'engendrerait l'importation. 

 

Le projet fiscal n'a pas de mise en application immédiate, mais à moyen terme, le marché du livre est particulièrement anxieux. Déjà que l'impression à domicile est devenue plus onéreuse que l'importation d'ouvrage, cette décision affectera plus encore le marché du livre, et le portefeuille des consommateurs. Au point de ne plus être qu'un divertissement pour les classes aisées... (via El Universal)