Vent de critiques sur le Booker Prize : trop consensuel ?

Clément Solym - 17.10.2011

Edition - International - Booker Prize - prix littéraire - Angleterre


La semaine passée, agents et éditeurs se retrouvaient à Francfort pour mettre au point un nouveau prix littéraire pour la vie britannique. Sans pointer rigoureusement du doigt le Booker prize, on sentait bien que celui-ci était gentiment visé. Eh bien, nouvelle attaque dans les règles, menée par Andrew Motion.

 

Andrew fut, durant plusieurs années, le poète officiel de la cour d'Angleterre. Une lourde charger, avec l'obligation d'écrire des textes pas vraiment folichons. Mais depuis qu'il a quitté son poste, il ne se prive pas d'intervenir. Et sur le Booker, il en a manifestement à redire. Critiquant les choix des jurés, Motion estime, en gros, que le prix sacrifie la qualité littéraire, à la lisibilité grand public.

 

En somme, on propose des oeuvres faciles et accessibles, pour que le grand public ne se sente pas ignorant.

 

 

L'establishment littéraire est sous le choc. Surtout depuis qu'Andrew Kidd, agent littéraire, a annoncé la semaine passée, son intention de créer un nouveau prix. Lequel miserait tout sur l'excellence, comme premier critère de qualité. « S'il arrive que ce soit facile à lire, tant mieux. Si c'est plus difficile, c'est tout aussi bien », explique-t-il.

 

Et Motion d'avertir : « C'est une chose tout à la fois pernicieuse et dangereuse. » Avec 138 livres sélectionnés pour n'en retenir qu'un seul demain, lequel disposera d'une dotation de 50.000 £. De fait, il semble surtout que cette année, le Booker soit un véritable désastre, ajoute un éditeur désireux de garder l'anonymat.

 

D'un autre côté, notre Goncourt cette année risque d'être encore plus consternant et télescopé... Vous vous souvenez de qui on fête le centenaire de la création cette année ? Hmm...

 

Pour Kidd, la situation est plus claire encore : il est impératif que le Royaume-Uni se munisse d'un prix qui soit plus tourné vers la qualité littéraire.

 

Pourtant le Booker se défend : personne ne souhaite quelque chose d'une grande qualité littéraire et qui serait illisible. Et les critères des prix n'ont pas diminué. Mais les jurés ont repéré jusqu'à lors des choses inconnues, ou peu connues, et le grand public estime toujours que ces textes sont difficiles d'accès, parce qu'ils n'en connaissent pas l'auteur.

 

À suivre...