Vente aux enchères de reliques du voilier de Maupassant

Julien Helmlinger - 24.04.2014

Edition - International - Guy de Maupassant - Vente aux enchères - Bel-Ami


Ce samedi, à Pau, sera vendue aux enchères une quinzaine de pièces provenant d'un voilier ayant appartenu à l'écrivain Guy de Maupassant. Baptisé le Bel-Ami tout comme son célèbre roman de moeurs, le bateau, de bois fait, mesurait quelque 11 mètres de long. Si celui-ci ne sera pas cédé en état de voguer, le plus offrant pourra toutefois acquérir certains de ses vestiges, à savoir des photographies, du mobilier et autres outils de navigation. Une embarcation dont s'était ensuite séparé Maupassant, l'ayant jugée petite, au profit d'un autre Bel-Ami de 15 mètres.

 

 

 

 

Le lot, issu de la collection personnelle d'un Girondin héritée de ses ancêtres qui l'avaient eux-mêmes rachetée à un négociant de vin local en 1895. La vente ne s'adresse pas exclusivement aux passionnés de navigation, comme l'aurait été l'écrivain normand en son temps. Et si bien que ce dernier avait fait l'acquisition du voilier en 1886, suite au succès du roman éponyme, rapporte l'AFP.

 

Si ceux qui ont le pied marin s'intéresseront sans doute aux fanaux, baril à eau, barre en cuivre, bouée et autre lampe, les amateurs de littérature souffrant du mal de mer pourront se rabattre sur la table carré en acajou, celle sur laquelle travaillait Maupassant lorsqu'il se trouvait embarqué.

 

Certains des objets mis en vente ne seront d'ailleurs pas totalement inconnus aux lecteurs assidus de Maupassant. Puisque ceux-ci auraient pour certains été décrits par l'écrivain au fil de son récit autobiographique, justement intitulé Sur l'eau, publié en 1888.

 

Si le voilier a été condamné à la démolition en 1904, à l'arsenal de Libourne, des objets avaient toutefois pu en être sauvés. Tandis que la collection est estimée entre 30.000 et 35.000 euros au total, le commissaire-priseur l'a proposée d'abord à la mairie d'Etretat, en Seine-Maritime où vécut l'écrivain entre 1850 et 1893, mais la commune n'aurait pas les moyens de suivre les enchères.


Martine Gestas, responsable de la vente, a déclaré à l'AFP : « Le Bel-Ami était un peu la garçonnière de Maupassant. Ce bateau, il l'adorait. [...] Des Américains se sont déjà manifestés. J'espère que les Français vont réagir ! Il serait regrettable que la collection se retrouve à l'extérieur. »