Vente d'ebooks en France sur l'iPad : Apple et les éditeurs, la loi du silence

Clément Solym - 15.02.2010

Edition - Economie - ebooks - France - iPad


Amusant cela, amusant : alors que nous apprenions vendredi que la bibliothèque iBooks prévue pour l'iPad ne serait pas disponible en France pour des raisons de droits sur les livres numériques, voilà que les éditeurs français réagissent avec notamment l'intervention d'Alain Kouck, vice-président général d'Editis.

En effet, si ce n'est pas encore fait - mais cela serait étonnant - Apple va arriver en France avec des propositions (on doute que le modèle d'agence soit accepté de bonne grâce par l'édition française, mais en l'absence de prix unique de l'ebook...). Ce qui réjouit cependant Alain Kouck car « pour une fois, un opérateur associe une nouvelle technologie et un business model ». Et on le sait, les éditeurs n'ont encore aucune expérience de la vente en ligne des livres numériques... dixit Steve Jobs.

Le séduisant modèle d'Apple...

Pourtant, comment cela va-t-il se passer ? Si Apple a bien un modèle déjà établi dans les mains, un revendeur comme Numilog a aussi le sien. Et Amazon en a un autre. Mais le modus operandi de la firme de Seattle fait d'ores et déjà grincer des dents. « Hors de question de subir ce que les éditeurs américains ont vécu : jamais je ne vendrai en gros mon stock d'ebooks - même s'il n'est pas très important - pour que l'on voit des livres vendus à 9,99 € », nous confie un éditeur. C'est pourtant ce qui se passe outre-Atlantique, où Amazon achète en masse et vend au prix qui lui convient, voire à perte, pour accaparer le marché.

Là où Apple a une double chance, c'est qu'il propose de la vente de livres avec DRM, donc lisibles uniquement sur la tablette - les risques de piratages sont réduits, se diront certains un brin candides - et au format ePub, un terme qui fait tilte désormais. Même si nombre d'acteurs le maîtrisent encore mal.

L'autre atout, c'est cette fameuse charte annonçant que l'éditeur récupère 70 % du prix de vente et que le reste va dans la poche d'Apple. Pour Alain Kouck cité par le Figaro, c'est tout bon : « Les éditeurs restent maîtres du prix de vente de leurs ouvrages. » Et d'ajouter : « Ce qui nous importe, c'est de défendre le financement de la création. »

Négociations promises, négociations dues !


Chose amusante, nous étions en conversation avec Hachette ce matin : l'éditeur ne confirme pas être en négociations avec Apple, mais il semble improbable que ce ne soit pas le cas. C'est surtout que l'on n'en parle pas. D'ailleurs, les négociations avec les grands éditeurs américains avaient probablement commencé plusieurs semaines (mois ?) avant le lancement de l'iPad. Ce qu'on nous rappelera d'ailleurs, c'est qu'au moment de la présentation par Steve Jobs, c'est bien... un livre de Hachette qui avait été mis en valeur...

En fait, le plus important problème en terme de communication, c'est la chape de plomb qu'Apple peut imposer à ses partenaires : on n'officialise rien avant une certaine date. Et vu comme l'édition en France aime le mystère, ce genre d'attitude ne va pas aller pour leur déplaire.

Oh que l'on va vivre des moments amusants...



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