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Vente d'Editis : Bercy épingle le baron Sellière et son intéressement

Clément Solym - 11.12.2011

Edition - Justice - Wendel - Editis - plus-value


Vendu au groupe espagnol Planeta, en avril 2008. Cette transaction menée par le grand patron du groupe, Alain Kouck, faisait transiter la deuxième puissance éditoriale française dans les mains de la force espagnole. Juste avant, c'est à Wendel, holding d'investissement, alors dirigée par Jean-Bernard Lafonta, qu'appartenait Editis.

 

Quelques mois avant la transaction, Wendel restait particulièrement secret. Et pour cause, la société était valorisée entre 750 et 950 millions €, et fut finalement vendue pour 1,026 milliard €. C'est que Wendel n'avait jamais caché que son métier n'était pas l'édition, et finalement la vente fut conclue bien gentiment. 

 

Wendel avait d'ailleurs pris un petit coup de sanction à la Bourse, suite à l'annonce de cet achat. 

 

Pour Alain Kouck, président du directoire d'Editis au moment de la vente, « le rapprochement d'Editis avec le groupe Planeta est une étape importante : il permet d'amplifier la croissance de notre groupe, de constituer un nouveau leader de l'édition en Europe et de nous donner les moyens d'assurer un développement au-delà des frontières francophones ». 

 

Voilà un peu pour retrouver le contexte...


Car depuis hier, de nouvelles informations, relatives à la vente d'Editis durant ce mois d'avril 2008 viennent d'arriver. Le Point fait en effet état d'une douzaine de dirigeants de la société Wendle, dont le baron Ernest-Antoine Sellière, président du directoire, qui sont pris dans un redressement fiscal, suite à la vente d'Editis.  

 

C'est qu'à la suite de cette vente, explique le quotidien sur son site internet, les douze larrons ont perçu 10 % de la plus-value que la société Wendel avait opérée. En tant que dirigeants, et à titre d'intéressement, les bonshommes auront ainsi perçu 30 millions €. Qui ne seraient pas pour Bercy une plus-value, mais bien plutôt des salaires, explique le journal. Sur ce montant, un tiers est parti au baron ainsi qu'à Jean-Bernard Lafonta, alors président du directoire de Wendel.

 

Dans un communiqué diffusé hier soir, en réaction, le baron Sellière annonce qu'il portera plainte, pour violation du secret fiscal, ajoutant qu'il est « profondément choqué que des informations protégées par le secret fiscal (le) concernant soient, une fois de plus, rendues publiques ». Le groupe Wendel a toutefois refusé de faire le moindre commentaire, sollicité par nos confrères. 

 

La mauvaise foi, dont les douze dirigeants seraient accusés par Bercy, ne serait cependant taxée qu'à 40 %, précise Le Point.