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Vente de livres en hausse au Québec, mais la librairie reste fragile

Clément Solym - 01.10.2014

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Sur l'année 2013, les ventes de livre au Québec au connu une augmentation de 1,5 %, assure l'Observatoire de la Culture et des Communications de la Belle Province. Une bonne nouvelle que l'OCCQ relativise immédiatement : sur l'année 2012, les ventes avaient diminué de 4,1 %. La hausse reste donc légère, insiste cet institut de la statistique. 

 

 


 

 

Pour 2013, le livre représente donc 688 millions $ CA. Toutefois, les librairies indépendantes ne profitent pas de la manne que représente cette hausse. En effet, « la plupart des catégories de points de vente ont enregistré une hausse de leurs ventes de livres », sauf les indépendants. Dans le bulletin Les ventes de livres de 2009 à 2013, que l'OCCQ a publié cette semaine, les données sont assez claires.

 

« Les librairies à succursales et les librairies en milieu scolaire affichent des hausses respectives de 3,4 % et 6,4 % en 2013, tandis que les librairies indépendantes voient leurs ventes chuter de 7,0 %. De 2009 à 2013, la croissance annuelle moyenne des ventes de livres par l'ensemble des librairies est légèrement négative (- 0,5 %) », écrit l'institut de la statistique.

 

En revanche, les ventes réalisées directement par les éditeurs vers les clients, au travers de plateformes, ont connu une croissance de 3,2 %, « marquant ainsi la fin de la période de décroissance causée par les reculs de l'édition scolaire ». Sur l'année, le chiffre d'affaires par habitant est en recul : on passe ainsi de 57 $ CA dépensés en 2009 à 54 $ CA en 2013. 

 

Les ventes sont donc en hausse, mais les problématiques rencontrées par les libraires indépendants ne varient pas. Suffisamment pour que la presse canadienne s'inquiète, une fois de plus, du devenir des librairies indépendantes – alors même que la ministre de la Culture, Hélène David, a clairement affirmé que le prix unique du livre n'était pas une approche qu'elle privilégierait. 

 

Citée par Radio Canada, Katherine Fafar, directrice générale de l'Association des libraires du Québec soutient que quatorze établissements ont fermé entre 2012 et 2013, avec les conséquences que l'on imagine pour les ventes. En revanche, si sur l'ensemble de l'année la librairie indé a pu souffrir, sur les premiers mois de 2014, ce secteur d'activité s'en est bien mieux sorti. Et de pointer les risques que présente la vente en ligne, pour les indépendants. 

 

L'autre inquiétude provient de ce que les éditeurs vendent plus efficacement, en direct, aux clients. À ce titre, une formation a été programmée pour le 14 octobre, afin d'offrir aux libraires une meilleure approche dans leur rôle de médiateur culturel. Une solution, parmi d'autres.