Vente dissimulée, licenciements abusifs, mauvaise pub pour Amazon UK

Antoine Oury - 06.03.2015

Edition - Economie - Amazon Prime - vente dissimulée licenciements - Advertising Standards Authority


Si l'Allemagne est souvent la terre la plus agitée pour les affaires d'Amazon, avec des actions fortes des syndicats, des organisations britanniques viennent de se rappeler au bon souvenir de la firme. En quelques jours, une autorité de contrôle des publicités a jugé qu'une des campagnes d'Amazon pour son service d'abonnement était de nature à tromper les consommateurs, et un syndicat a critiqué ses pratiques de licenciements.

 


Amazon Cardboard Boxes

(Akira Ohgaki, CC BY 2.0)

 

 

L'Advertising Standards Authority (ASA), autorité de contrôle et régulation des messages publicitaires, a épinglé Amazon pour la vente dissimulée que constituerait son offre d'abonnement Prime. Le service, sur inscription, est gratuit pendant 30 jours, et le client est ensuite automatiquement débité, s'il ne résilie pas son abonnement.

 

Or, Amazon serait trop discret sur ce débit automatique : « Nous ne considérons pas suffisant d'inclure l'information sur l'abonnement payant automatique en petits caractères uniquement, et nous ne considérons donc pas que cette information était suffisamment claire quant aux engagements des clients pour pouvoir profiter de cette offre », explique ainsi l'ASA.

 

6 plaintes avaient été soumises à l'autorité, suite à une campagne de publicité particulière d'Amazon : des courriers papier avaient été envoyés au domicile des clients, avec une carte plastique détachable donnant droit à « 30 jours d'essai gratuit ». Or, le document ne précisait que discrètement l'aspect payant — et automatique — de l'abonnement, et ne mentionnait même pas le prix mensuel (79 £).

 

L'autorité a interdit à Amazon de réutiliser la publicité sous cette forme, et l'invite à préciser dès la première partie de la publicité que le service est payant par la suite, sans sanction financière particulière. De nombreuses sociétés, comme Netflix ou Spotify, utilisent ce type de procédé, basé sur un essai gratuit, et un débit automatique, pour leur service d'abonnement.

 

Parallèlement à cette procédure, Amazon a été épinglé par le syndicat GMB, qui assure que la firme n'a pas respecté les lois britanniques du travail dans les procédures de licenciements qu'il a engagé, notamment au sein des entrepôts de Swansea et Milton Keynes. Les managers de la firme auraient proposé, oralement, des indemnités de licenciement aux employés, avant de ne pas les honorer, soutient le syndicat.

 

D'après GMB, Amazon proposait une indemnité de 3500 £, inférieure à celle garantie pour la catégorie de travailleurs concernée. Refusant d'inscrire la somme sur un document écrit, les managers auraient ensuite versé des indemnités inférieures au montant annoncé. Amazon, qui emploie 7000 personnes au Royaume-Uni, n'a pas encore répondu aux accusations.

 

Mise à jour 6/03, 12h23 :

 

Amazon a réagi aux accusations du syndicat GMB auprès du journal The Bookseller : la firme explique que les offres aux salariés ne faisait pas suite aux licenciement, mais à un système appelé « L'Offre » [« The Offer, NdR], qui consiste en un bonus en espèces offert aux salariés « prêts à entamer une nouvelle carrière ».