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Verdun s'oppose au transfert des cendres de Genevoix au Panthéon

Clément Solym - 22.02.2012

Edition - Société - Maurice Genevoix - transfert - cendres


Le Marie de Verdun, Arsène Lux, estime que le déplacement des cendres de l'écrivain Maurice Genevoix, qui étaient menacées de finir au Panthéon n'est pas la meilleure des idées. Du tout. Et qui en avait eu l'idée ? Le même qui voulait que l'on panthéonise Camus...

 

Joseph Zimet a été chargé par Nicolas Sarkozy de faire plusieurs propositions pour l'organisation des célébrations du centenaire, parmi lesquelles celle du transfert des cendres de l'écrivain. Dans ce rapport, sobrement intitulé Rapport de préfiguration du programme commémoratif du centenaire de la Première Guerre mondiale, dont Nicolas Sarkozy a pris connaissance en septembre, figurent d'autres propositions idoines.

 

Mais voilà : le maire de Verdun n'est pas très favorable à l'initiative concernant Genevoix. Se déclarant « grand admirateur de Maurice Genevoix », dont un buste trône dans son bureau depuis quinze ans, il juge même l'idée « inappropriée ».

 

Et c'est dfans un courrier adressé au président de la République qu'il s'explique, estimant que cela « risquerait de fragiliser le témoignage de reconnaissance nationale dû à l'ensemble des acteurs, et d'abord victimes directes, du premier conflit mondial », rapporte l'AFP.

 

Et d'ajouter, cité par le Républicain lorrain : « Je n'ai rien contre Genevoix, mais j'estime que mettre en avant un homme, fût-il grand écrivain, est contre-indiqué. Ce qu'il convient de célébrer, c'est la masse, le Poilu. Mettre la lumière sur Genevoix ou Jaurès atténue l'hommage qu'on veut rendre au groupe. »

 

Pourtant, Genevoix fut l'un des combattants de la guerre de 14-18, ayant pris part, de août 14 à avril 15 aux affrontements. Dans son livre, Ceux de 14, il raconte cette guerre, ces tranchées. Publié en 1949 dans sa totalité, il réunit les cinq ouvrages Sous Verdun, en avril 1916, Nuits de Guerre, en décembre 1916, Au seuil des guitounes, en septembre 1918, La Boue, en février 1921, et Les Eparges, en septembre 1921. 

 

Dans sa lettre ouverte, le marie de Verdun, qui humblement signe une lettre ouverte ‘de la Ville de Verdun' ajoute : « Par ailleurs les formes mêmes de certaines commémorations envisagées, en mettant en avant – quels que soient leurs mérites - certaines personnalités (Jaurés, Genevoix) ou en rouvrant le dossier des mutins et des fusillés, seraient de nature à ébranler le souvenir de ce grand moment de cohésion nationale qui se manifesta en France du début à la fin de la Première Guerre mondiale. »

 

Or, le 26 janvier dernier, prenant position contre le maire, la fille de l'écrivain, Sylvie Genevoix, au titre de président de l'Association Je me souviens de Ceux de 14, s'émeut de ce qu'Arsène Lux s'oppose à ce transfert des cendres. (voir la lettre)

  

« J'aurais pensé que le maire de Verdun était, de tous les élus de notre pays, le mieux placé, le mieux informé pour comprendre et dire aux Français ce que mon père avait apporté d'essentiel à la mémoire de tous les combattants de la Grande Guerre. Il leur a donné un livre que vous avez lu et qui est dans votre bibliothèque, j'en suis persuadée »

 

Et plus loin : « Avec mon père, ce qui entrerait au Panthéon, c'est ce livre qu'il a écrit, Ceux de 14. Dans ce livre, plus que dans tous les autres, les Anciens Combattants avaient retrouvé ce qui fut leur vie au front, dans toute sa vérité et sans rien d'autre que la vérité, sinon un indéfinissable sentiment de tendresse , et ce lien de camaraderie, de commune pitié, si fort, si intense, qui lia entre eux des millions de combattants français. Il est aussi dans ce livre, il en est le centre. »

 

Le fin mot de cette histoire appartiendra, dans tous les cas, au président...