Vers un confinement national : les professionnels demandent d'épargner le livre

Nicolas Gary - 28.10.2020

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Les mesures de confinement adoptées par la France en mars dernier avaient conduit à la fermeture des librairies — considérées comme des commerces non essentiels. La main tendue de Bruno Le Maire, acceptant de revoir les conditions d’ouverture, n’avait pas été saisie. Or, à l’approche de nouvelles restrictions, le Syndicat de la librairie française prend ses précautions et d'autres avec lui.

covid librairie


La « guerre sanitaire » déclarée par Emmanuel Macron le 16 mars résonne encore. À l’instar des cafés, restaurants ou autres cinémas et discothèques, les librairies entraient dans la catégorie des commerces « non indispensables à la vie du pays », selon la définition d’Édouard Philippe.

Avec l’approche des annonces d’Emmanuel Macron, le Syndicat de la librairie française a récemment communiqué auprès de ses membres que la position changerait. Bien entendu, tout dépendra des mesures encore à venir. Mais pour l’heure, le SLF, en discussion avec le ministère de la Culture, selon nos informations, opte cette fois pour un maintien de l’ouverture des librairies.

Toute la question sera de savoir si les librairies entrent dans le giron des clusters redoutés. Ce qui change radicalement, c’est l’idée que cette fois, les librairies revendiquent leur statut de commerce essentiel. Autre époque, autres mœurs, faut-il comprendre : lors du premier confinement, la situation des libraires avait tourné au cauchemar. 

Il fallait à l’époque être un héros en restant chez soi — comportement adopté durant le premier mois. Pour la suite, nombre de librairies ont choisi d’opter pour le click and collect, avec commandes internet et retraits en magasin. Cette fois, les établissements seraient mieux équipés pour mettre en place cette solution.

Selon plusieurs sources, les commandes sur les sites internet de libraires ont déjà repris depuis quelques jours. Non sans lien avec la profusion de commentaires et hypothèses tentant de deviner ce qu’il adviendra. Il est vrai que vivre au jour le jour, dans l’incapacité de se projeter bien loin, relève de la délicate acrobatie mentale.
 

“Nous sommes préparés”


Au final, c’est un communiqué commun, cosigné par le Syndicat national de l’édition, le Conseil permanent des écrivains et le Syndicat de la librairie française qui résume l’ambiance. 
 

La lecture de livres est une activité essentielle à nos vies citoyennes et individuelles.
 
L’extraordinaire appétit de lectures chez les Français, jeunes ou adultes, s’est à nouveau confirmé ces derniers mois ; les livres assouvissent notre besoin de compréhension, de réflexion, d’évasion, de distraction, mais aussi de partage et de communication, y compris dans l’isolement.
 
Le premier confinement n’avait pas permis hélas de maintenir les librairies ouvertes, blessant au cœur toute la filière du livre ; les professionnels n’y étaient pas préparés. Mais depuis, les librairies de proximité, qui maillent tout notre territoire, se sont organisées et équipées. Elles peuvent être parfaitement en mesure d’accueillir les lecteurs dans la perspective d’un nouveau confinement, dans des conditions sanitaires sûres et éprouvées.
 
Le « click and collect » est indispensable et d’ores et déjà en place dans un très grand nombre de points de vente. Mais il ne saurait combler toutes les attentes des lecteurs, notamment dans les deux mois précédant les fêtes de fin d’année où plus d’un quart des livres sont achetés. Les livres sont, depuis plusieurs années, le cadeau le plus offert par les Français. Comment y renoncer ? 
 
Aussi, auteurs, illustrateurs, éditeurs et libraires lancent un appel solennel, solidaire et responsable, au gouvernement : laissez nos librairies ouvertes pour que le confinement social ne soit pas aussi un isolement culturel. Nos lecteurs, attachés à la librairie indépendante, ne le comprendraient pas et le vivraient comme une injustice.

Nous sommes prêts à assumer nos responsabilités culturelles et sanitaires.



Reste à attendre les révélations de l'Élysée pour savoir à quelle sauce l'industrie du livre sera mangée. 


photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Commentaires
Absolument Mafalda. Le confinement en Argentine est le parfait contre-exemple. C'est ce qu'il ne faut pas faire.



Il nous faut un confinement très strict, mais en contrepartie de deux mois grand maximum (six semaines devraient suffire). C'est le seul moyen de demander des mesures aussi restrictives, et surtout, d'obtenir l'adhésion de la population. Cela protège mieux l'économie et la scolarité de nos enfants.
Ok pour rester ouvert pendant le confinement mais quid de la chaîne du livre ? S’il est impossible d’assurer les commandes clients ou les réassorts, je parle d’une petite structure comme la mienne, je n’en vois toutefois pas l’intérêt. Ce sont encore les grosses entités qui vont tirer leur épingle du jeu.
Certaines petites librairies sont restees ouvertes ( gel a l entree, masques) et sans souci de commandes de mars a mai. Grossistes, Hachette travaillent les jours feries... Il faudrait surtout interdire Amazon... que certains elus, pour se goinfrer, aident a qui mieux mieux. Courage
Tout à fait d’accord avec Calligram : la vraie question est de savoir si les livraisons vont suivre, déjà qu’on supporte des retards avant le confinement...
Avec les écoles qui restent ouvertes on devrait passer en commerce essentiel. Et les industries restent ouvertes donc normalement on devrait être livré.
En effet, certaines librairies sont restées "ouvertes" durant le premier confinement. Mais - et ce n'est pas, en l'espèce, accessoire - toute la chaine du livre c'est retrouvée en panne dès lors que le "maillon-librairie" était en fermeture administrative ; l'occasion de se rendre compte de l'importance du réseau de la librairie. Et, surtout, ne pas incriminer les libraires du l'atonie de la rentrée littéraire !

Confiner ou ouvrir... Nous en serons plus ce jeudi. Mais comme la fois précédente il serait hors de question de mettre nos clients, nos salariés ou nous en danger.

Et si les librairies sont des commerces essentiels, les disquaires, les cinémas... le sont aussi. Et pourquoi pas les chausseurs, les chocolatiers ?

Nous souhaitons demeurer ouverts, mais avec toutes les précautions !

Nous souhaitons demeurer ouverts et approvisionnés !
N'oubliez pas que les Leclerc et autres grandes enseignes alimentaires qui ont des espaces librairies dans les rayons alimentaires vont bien s'amuser pendant le confinement. --'
Logiquement les Espaces culturels Leclerc (et autres grandes surfaces culturelles)- lieux ouverts au public, non essentiels, devraient être confinés si les librairies le sont...

Le problème demeure Amazon et consort (FNAC, Decitre...) si nous faisons du Click & collect (ventes en ligne) il nous sera difficile de leur imposer le silence.

Serons-nous approvisionnés ? Les distributeurs, les transporteurs seront-ils opérationnels ?
Pour ma part, je reste abasourdie et très en colère face au mépris absolu de M. Macron, "président cultivé" (hum) pour la culture : pas une fois le mot LIBRAIRIE, BIBLIOTHEQUE (c'est pourtant du service public non ?) n'aura été PRONONCE dans une annonce dont la démagogie me donne encore la nausée ce matin.
La chaîne du livre doit se préparer à un confinement de minimum 4 mois, et peut-être de 6 mois et plus à la mode argentine.



Le nouveau confinement est en effet loin d'être assez strict pour empêcher la circulation du virus. La seule chose qui puisse sauver les acteurs du livre, c'est un confinement beaucoup plus strict que le premier confinement, un confinement à la chinoise, avec promesse de déconfinement dans 6 semaines. Et là on pourra se remettre à travailler dans cette période cruciale de Noël.



Je développe cela dans cet article: http://alanspade.blogspot.com/2020/10/pourquoi-le-nouveau-confinement-est.html
Merci pour votre article.



Malheureusement le confinement "à la mode argentine" (plus de sept mois, et cela continue, sauf dans la Ville de Buenos Aires) n'a servi qu'à restreindre encore plus les libertés dans un pays où les fantasmes et les fantômes autoritaires rôdent toujours , à détruire l'année scolaire (les enfants et les jeunes n'ont plus de cours depuis la rentrée, c'est à dire au mois de mars), à mettre encore à genoux les travailleurs et les petits commerçants dans un pays qui ne bénéficie pas des politiques sociales "à la française" (et encore). Ceci sans compter les ravages au niveau de la sécurité (la délinquance, le trafic de drogue, les vols à l'arrachée, les féminicides et toutes les activités délictuelles se sont multipliées) et de l'état psychologique général de la population, constamment soumise à rude épreuve du fait des caractéristiques socio-économiques de ce pays. Pour revenir strictement à la circulation du virus, non seulement ce confinement "infini" ne l'a pas stoppée, mais en plus elle s'est accélérée ces dernières semaines, plaçant l'Argentine dans la liste des pays où le virus circule le plus. Quant à l'industrie du livre, elle est exsangue.



Je suis bien placée pour le savoir puisque toute ma famille habite en Argentine et que je suis traductrice vers l'espagnol. Bien à vous.
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