Victime de sa trésorerie, le Baron Perché s'engage à régler les arriérés dus aux auteurs

Nicolas Gary - 26.01.2016

Edition - Justice - baron perché - droits d'auteur - paiement groupe


Les Éditions Le Baron Perché ont répondu au courrier d’huissier que La Charte et la SGDL ont fait parvenir la semaine passée. L’éditeur avait reçu un commandement de payer pour un montant de 15.000 euros de droits d’auteur, destinés aux 18 écrivains concernés. Des revenus liés à l’exploitation de livres de 2014, mais promis, tout cela sera réglé prochainement.

 

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Dans un courrier adressé aux organisations d’auteurs, la maison prend acte de l’action intentée « pour le compte du collectif d’auteurs de Baron Perché ». L’action portait donc sur des retards dans le paiement de droits « enregistrés en 2014 et payables aux intéressés sur l’exercice 2015 », rappelle la lettre.

 

La maison explique avoir connu une période trouble : « Comme pour tous les groupes, il arrive que certaines périodes soient plus difficiles que d’autres d’un point de vue trésorerie. C’est le cas. » En revanche, elle s’engage ce 26 janvier à procéder au règlement de l’« arriéré dû aux auteurs, spécifiquement circonscrit à la filiale Baron Perché, pour laquelle la période de restructuration a été plus longue que prévue ». 

 

Et de souligner : « [N]ous tenons à nos auteurs comme tous les Éditeurs dignes de ce nom y tiennent. »

 

La SGDL et la Charte ne peuvent que se féliciter d’avoir au moins obtenu cette réponse. « Nous avions déjà procédé aux premières démarches, qui n’avaient jusqu’à lors pas abouti », indique la SGDL. « Bien entendu, nous allons vérifier que les règlements sont opérés auprès des auteurs, mais nous sommes heureux de cette réponse. Nous n’avions pas l’assurance d’obtenir gain de cause, en dépit du courrier d’huissier. » Cette démarche, initiée par les deux sociétés représentatives des auteurs était totalement inédite.

 

Dans un message initial, la SGDL avait ouvertement averti de son action :

 

Ignorant relances téléphoniques et lettres recommandées, les éditions du BARON PERCHÉ (SARL LE MONDE EN MARCHE), ont pris le parti de ne pas verser aux auteurs les droits qui leur étaient dus en 2014 et parfois antérieurement. Au total, ce sont plus de cinquante auteurs qui sont concernés par ces pratiques inadmissibles.

 

 

Dans un bref commmuniqué, « la SGDL se félicite du résultat de cette démarche inédite, mais reste attentive à ce que la société HOCHE COMMUNICATION remplisse bien son engagement ».

 

En parallèle, le non-règlement de cette somme, assez modeste, faisait tache. Dans un droit de réponse communiqué par le groupe Révolution 9 / Hoche Communication à Stratégies, la société réaffirmait sa plutôt bonne santé. Elle présentait sa structure comme « rentable. 36 millions de CA, 28 millions de MB, nous avons une exploitation positive. Notre modèle économique fait déjà ses preuves, même si comme toute startup, nous avons rencontré, notamment ces trois derniers mois, des problèmes de trésorerie ».

 

Le Baron perché avait été acquis en mai 2014 par Jacques-Marie Laffont, peu de temps avant Vents de Sable, en juillet de la même année. Il s’agissait alors du troisième investissement de la holding Hoche Communication dont JM Laffont était directeur général – et donc du groupe Révolution 9, que présidait Ollivier Baillet. 

 

Le groupe avait même constitué en février 2015 un pôle jeunesse, en incluant le rachat de Le Sablier, spécialisé dans les livres audio qu’avait fondée Hélène Bonis en 1997. L’ensemble était associé à la librairie jeunesse, intégrée aux locaux de Le Sablier.