Victoire dans le Lincolnshire : les bibliothèques ne fermeront pas

Louis Mallié - 17.07.2014

Edition - International - Bibliothèque - Lincolnshire - Simon Draper


On se souvient de la mauvaise passe dans laquelle se trouvent les bibliothèques Lincolnshire, et de la vague de partisans qui s'étaient réunis pour les protéger. La Cour Suprême semble donc finalement avoir donné raison aux militants. Et pour le Lincolnshire County Council, il s'agit même d'un retour à zéro, puisque la Cour Suprème a jugé que son plan de fermeture des librairies était « défectueux ». 

 

 The Stacks

Roman Boed, CC BY 2.0

 

 

Depuis 2012, ils étaient 317 établissements à être contraints de fermer leur porte sur les 4265 que compte le pays. Les défenseurs des bibliothèques s'étaient tant indignés, que l'affaire avait même été portée devant la Cour Suprême, le Lincolnshire County Council prévoyant la fermeture de trente bibliothèques supplémentaires.

 

Après le rendu du verdict aujourd'hui, Simon Draper, un habitant du comté qui avait interpellé des avocats spécialistes en service public pour s'opposer à la mesure, s'est donc dit « aux anges ». « Le juge n'était pas vraiment content, il a qualifié le plan de défectueux […]. Nous voulons seulement que les bibliothèques restent ouvertes, que tout le monde garde son travail, et que les horaires restent les mêmes. Le Lincolnshire County Council peut faire cela. Nous sommes prêts, quoi qu'il advienne à présent. »

 

Les propositions de coupes budgétaires avaient été contestées sur quatre points : les consultations sur les bibliothèques à fermer étaient illégales; le Lincolnshire County Council n'avait pas prévu de dédommager les personnes grevées par la mesure, ainsi que l'exige l'Equality Act; le conseil n'avait pas non plus pris en compte l'action de l'organisation caritative de Grennwich Leisure Limited; enfin, si les coupes avaient abouti, la bibliothèque de comté n'aurait plus répondu aux exigences statutaires requises. 

 

Interrogé sur l'éventualité pour le Lincolnshire County Council de faire appel, le juge Justice Collins a déclaré : « Je pense qu'il serait difficile pour eux de faire appel ».  

 

Richard Willis, de l'administration du comté a commenté la décision de la Cour Suprème dans un communiqué : « Nous sommes, bien sûr, déçus de la décision. Nous pensons que nos propositions devraient augmenter la qualité des services des bibliothèques dans la région, en faisant bon nombre d'économies. Ce qui signifie que les contribuables seraient plus avantagés. » 

 

Phil Dilks, de l'opposition, a avoué au Bookseller avoir été déçu que le conseil semble malgré tout déterminé à poursuivre ses plans. « La réponse du conseil laisse entendre qu'ils ont l'intention  de mettre la tête dans le sable et de continuer, comme si la plus haute Cour de Justice du pays n'avait jamais qualifié leurs plans de "défectueux". »

 

Et de rappeler : « L'an dernier, le conseil a encore restreint son budget afin de mettre 60 millions £ de côté. Oubliez les 2 millions £ qu'ils essayent d'économiser sur les bibliothèques […] Nous avons besoin d'investissements dans les bibliothèques pour soutenir l'éducation et l'emploi à travers le pays. »