Victor Orbán attaque un livre de contes LGBT, mauvais pour les enfants

Clément Solym - 06.10.2020

Edition - International - Viktor Orban hommosexualité - livre LGBT Hongrie - enfants protection Hongrie


Nouvelle sortie de route pour le responsable hongrois : Viktor Orbán, Premier ministre, entend défendre l’enfance du pays contre les assauts portés par un éditeur. Après s’être mis les étudiants de Budapest à dos, voici qu’Orbán s’en prend de nouveau à la communauté LGBT. Et plus spécifiquement à l’éditeur d’un ouvrage aux personnages homosexuels.



« La Hongrie a des lois sur l’homosexualité qui reposent sur une approche exceptionnellement tolérante et compréhensive », indiquait-il sur une radio publique. « Mais il y a une ligne rouge à ne pas franchir », clame-t-il, cité par l'AFP. Et de fustiger la publication par une association LGBT d’un ouvrage de contes pour le moins insolite.

On y retrouve plusieurs des communautés marginalisées – handicapés, Roms ou LGBT –, mises en scène dans des univers féériques : une Cendrillon lesbienne par exemple, ou une tueuse de dragons transgenre. 

Le livre fait hurler dans le pays : un politicien d’extrême droite en aurait déchiré un exemplaire durant une conférence de presse. Et il semble qu’une protestation publique contre cette parution demande son retrait du marché.

« Pour résumer ma pensée », reprenait Orbán, « laissez nos enfants tranquilles. »
Assez rapidement, l’association des éditeurs et des libraires de Hongrie a condamné les propos, les comparant à des mesures de censeurs « nazis et communistes ». Dans le même temps, effet Streisand oblige, l’ouvrage bénéficie d’une couverture médiatique totalement inattendue — voire inespérée. Et s’installe confortablement en tête des meilleures ventes. 
 

Homo en Hongrie... la guerre froide


Depuis 1961, la Hongrie a légalisé l’homosexualité — avec le droit d’effectuer son service militaire ou de servir dans l’armée. Cependant une série de discrimination reste en vigueur : le mariage homo et l’homoparentalité sont en effet interdits par la constitution hongroise.

L’an passé, le président du parlement, Laszlo Köver, avait assimilé l’homosexualité à la pédophilie, estimant que d’un point de vue moral, il n’existerait pas de différence entre les comportements. Et plus spécifiquement quand un couple d’hommes cherche à avoir un enfant : selon lui, l’objet du désir, pour le couple, comme pour le pédophile, demeurait centré sur l’enfant… Si, si. (voir L’Express)

Dans un mouvement similaire, le pays avait décidé de rejeter l’Eurovision, considérant que la manifestation musicale était trop gay. L’ostracisation de la population homosexuelle s’est durcie en 2018, quand Orbán a décidé de lancer un projet culturel basé sur la défense des valeurs chrétiennes et traditionnelles. 

En mai 2020, Budapest interdisait d’ailleurs l’enregistrement d’un changement de sexe à l’état civil — de même que les personnes transgenres ne se voyaient pas reconnaître comme de véritables citoyens.

Ainsi que nous l’indiquions en début d’article, les étudiants hongrois ont également choisi d’entrer en résistance contre le gouvernement : une occupation de l’université et des manifestations protestent contre la privatisation du secteur universitaire. Par ailleurs, la fac de Budapest deviendrait prochainement une fondation de droit privé, sous la tutelle d’un proche d’Orbán.




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