Victoria Barnsley aux éditeurs d'HarperCollins : les auteurs d'abord

Lauren Muyumba - 05.07.2013

Edition - International - Victoria Bransley - HarperCollins - Technologie


Même si Victoria Barnsley prend son envol, et fait ses adieux aux éditions HarperCollins, maison qu'elle dirigea pendant 13 ans au Royaume-Uni, elle prie tous les employés de cette compagnie de ne pas oublier les racines de leur travail : la véritable force de la maison d'édition vient avant tout du contenu des ouvrages et de leurs auteurs.

 

 

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The Bookseller a rapporté les propos qu'elle a tenus lors de la fête annuelle des auteurs organisée par HarperCollins le 3 juillet 2013. Au Kensington Palace Gardens (Londres), l'éditrice a délivré quelques conseils à ses confrères et consoeurs avant de quitter définitivement la maison d'édition. « Je pense qu'à cette occasion, je suis probablement autorisée à donner un petit conseil : de parier sur les entreprises de technologie par tous les moyens, mais s'il vous plaît, s'il vous plaît, de ne pas essayer d'en devenir une ».

 

Victoria Barnsley n'est pas contre la lecture numérique, ni les nouvelles technologies, mais elle met en garde les éditeurs de ne pas se concentrer uniquement sur ce secteur. « Nous sommes des travailleurs de contenu », a-t-elle rappelé afin que la qualité des ouvrages ne soit pas petit à petit négligée, au profit du contenant. Autrement dit, elle ne pense pas que les tablettes, les lecteurs numériques, le format ePub ou les plateformes interactives soient la priorité des éditeurs. Utiles en stratégie marketing certes, mais l'éditrice rappelle que les auteurs et leurs textes font la renommée première d'HarperCollins.

 

L'éditrice évoque son objectif qu'elle n'a pas lâché : « Tout ce que j'ai voulu faire était de découvrir des écrivains talentueux et de leur permettre de devenir véritablement de grands auteurs, et de leur offrir un environnement où ils pouvaient s'épanouir et être vraiment à la hauteur de leur potentiel. Et je pense que nous y sommes parvenus avec HarperCollins ».

 

Quel avenir pour HarperCollins ?

 

Ces propos n'arrivent pas par hasard sur le tas. Remplacée par Charlie Redmayne, qui passe du statut de P.D.G. de la plateforme de livres numériques Pottermore à celui de directeur d'HarperCollins, Victoria Bransley a prononcé une mise en garde qui n'est pas anodine : le PDG au niveau mondial d'harperCollins, a déclaré que « l'expérience de Charlie et la réussite de ses actions pour une publication à la pointe, le rend candidat idéal pour diriger HarperCollins UK, en ces temps d'énorme opportunité numérique ».

 

Si ce sont les raisons de ce remaniement, cela explique peut-être les craintes de Victoria Bransley sur un nouveau virage « high-tech » qui laisserait les contenus (et leurs auteurs) sur le trottoir. L'éditrice, même si elle quitte son poste de dirigeante, compte bien suivre de loin la réussite de l'entreprise qu'elle a conduite pendant plus de dix ans. L'année dernière, la maison d'édition a d'ailleurs fait partie des éditeurs nommés au Bookseller Industry Awards. 

 

Le directeur de l'Association of Authors Representatives a récemment souligné que sur une vente de livre numérique, « l'éditeur gagne 2,20 $ de plus par exemplaire, alors que l'auteur perd 1,58 $ sur le fruit d'une même vente ». Il a effectué cette analyse suite à la publication des bénéfices (très honorables) issus de la vente d'ebooks d'HarperCollins.