Vidéo : "On ne vit et on n'aime que par la pratique" (Ray Bradbury)

Julien Helmlinger - 17.04.2014

Edition - International - Ray Bradbury - Vidéo - Science-fiction


L'influence de l'inconscient et autres questions existentielles n'auront pas échappé aux théories de l'écrivain de science-fiction Ray Bradbury. Sa conception de l'existence, au sens large, trouverait son écho dans sa propre approche de l'écriture. Celle, effrénée, qui aura su inspirer Neil Jomunsi, le conduire vers des journées de dingue mais aussi l'envie d'écrire encore plus. Sur Youtube circule un extrait d'une interview de 1968, dans laquelle l'auteur de Fahrenheit 451 explique sa façon de coucher une histoire sur le papier, de posséder, de vivre et d'aimer.

 

 

 

 

Selon l'écrivain et journaliste Sam Weller, auteur de The Ray Bradbury Interviews, le credo de vie du célèbre auteur américain de science-fiction, décédé en 2012, aurait pu être résumé par ces quelques mots : « Sauter de la falaise et déployer ses ailes au fil de sa chute. » Le journaliste l'avait écrit en introduction de l'un de ses entretiens avec le maître de l'anticipation.

 

Sam Weller n'a pas manqué d'occasions de côtoyer Bradbury. Il pense que contrairement à nombre de ses pairs écrivains celui-ci n'aurait pas cherché à imaginer le futur en réinventant le passé, mais il aurait plutôt écrit dans le présent grâce à sa propre perception de la vitalité. 

 

Au fil de l'interview, Ray Bradbury explique comment il avait coutume de taper ses premiers jets à la machine, de manière impulsive. Après quelques jours il les reprenait et son subconscient lui offrait quelques mots supplémentaires. Ensuite, cela dépendait des fois, et le nombre de réécritures était variable.

 

En tous cas, le maître de l'anticipation se serait toujours refusé à remettre au lendemain ce qu'il pouvait écrire immédiatement. Selon l'écrivain, dans le cas contraire, il aurait risqué de perdre cette matière issue de son subconscient. Pour lui l'écriture, au-delà de son métier, était également une expression vitale, un moyen de « purifier le flux de son esprit ».

 

De la même manière, Bradbury soutient encore que « nous ne possédons que par la pratique, et nous aimons seulement par la pratique... Si vous voulez une interprétation de la vie et de l'amour, ce serait la chose la plus proche vers laquelle je pourrai tendre ».

 

Il argue également que toute personne qui ne pourrait pas librement rire, pleurer ou bien être violent, en deviendrait un être malade. Aussi, d'une manière quelque peu freudienne, il nous invite à vivre pleinement nos passions créatrices.

 

 

 

 

(via OpenCulture)