Vietnam et Egypte : la littérature contre une colonisation culturelle

Cécile Mazin - 27.08.2013

Edition - International - Vietnam - Egypte - littérature


Ce 26 août se tenait une réunion entre le Vietnam et l'Égypte, à Hanoi, autour d'une coopération culturelle et littéraire. Les responsables de l'Association des écrivains afro-asiatiques s'étaient déjà retrouvés en mai au Vietnam, après que l'organisation a été relancée en décembre 2012, avec aujourd'hui Nguyên Quang Thiêu au titre de secrétaire général adjoint. 

 

 

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Hanoi, by Night

joergreschke, CC BY 2.0

 

 

En vertu des accords signés, les deux pays se sont engagés dans une collaboration de quatre années, au cours desquelles les deux cultures vont « échanger régulièrement des informations sur la littérature et organiser des réunions afin de discuter de questions d'intérêt commun », assure Vietnam Plus.  

 

Le projet est de valoriser par exemple des traductions et des parutions, à but non lucratif, pour assurer une meilleure diffusion et un partage patrimonial. En profitant des productions de leurs auteurs respectifs, les pays souhaitent parvenir à une meilleure compréhension mutuelle, mais également renforcer les conditions de protection de la propriété intellectuelle.

 

Huu Thinh, poète et président de l'Association des écrivains du Vietnam, a assuré à son homologue, Mohamed Salmawy, président de l'Association des écrivains d'Égypte, de la pleine collaboration dont il ferait preuve. Cultiver l'amitié entre les deux peuples et parvenir à faire converger le peuple du Nil et celui du Fleuve rouge seront essentiels. 

 

Il a parlé longuement des questions de mondialisation, estimant que les petits pays pourraient être victimes d'une invasion culturelle, tant qu'on les contraint à regarder ce qui se passe. De son côté, Mohamed Salmawy estime que l'écrivain doit devenir la conscience de son peuple, en réfléchissant aux problèmes qu'il rencontre.

 

Et selon lui, le Vietnam, mieux que quiconque, sait quelle est la valeur de la liberté. Quant à la mondialisation, c'est une différence qu'il faut savoir exploiter, pour échapper à la domination d'un culture spécifique, qui reviendrait à une forme de colonisation culturelle. 

 

En outre, pour les deux associations, cet échange facilitera la découverte, pour les membres et écrivains, des cultures respectives, autant que le perfectionnement des traductions.