Villepin dément les allégations de La République des mallettes

Clément Solym - 09.09.2011

Edition - Les maisons - villepin - pean - republique


Dans un livre publié chez Fayard, et qui doit sortir le 14 septembre, Pierre Péan, journaliste d'investigation réputé, raconte comment Dominique de Villepin aurait reçu de coquettes sommes entre 1992 et 2005.

La République des mallettes - comprendre qu'elles sont diplomatiques - dénonce en effet les relations financières que l'ancien Premier ministre aurait entretenues avec des chefs d'État africains. On y parle de quelque 20 millions € reçus durant la période en question.

Mais le journaliste se consacre également au portrait d'un homme, Alexandre Djouhri, âgé de 52 ans aujourd'hui, qui aurait servi d'intermédiaire pour M. de Villepin, de même que pour l'Élysée, depuis François Mitterrand, jusqu'à l'actuel président.

Intervenu sur RTL, l'ancien Premier ministre tient à remettre les points sur les « i ». D'abord, M. Djouhri est un vieil ami, en effet, mais « absolument pas un homme de l'ombre. C'est quelqu'un qui connaît beaucoup de monde, qui ne prétend jouer aucune sorte de rôle et à qui M. Péan prête à la fois des intentions et des actions qui ne correspondent à rien », souligne Villepin, président de République solidaire.

D'autre part, l'ouvrage n'est que fantasmes de journaliste, accusant même Pierre Péan de n'avoir jamais réalisé d'enquête sur le sujet. « Je me pose même la question de savoir si ce n'est pas un livre de commande. Je n'ai pas reçu un coup de fil de M. Péan, une demande d'éclaircissement », assure-t-il.

Mais surtout, Villepin considère que finalement, Pierre Péan ferait preuve d'une certaine envie - être dérangé - par la réussite d'Alexandre Djouhri. Ce dernier connaît « aujourd'hui tout le CAC 40, toute la classe politique française, beaucoup de dirigeants du monde, c'est effectivement très dérangeant, eh bien moi je pense que c'est une bonne nouvelle pour la République française que de voir ses enfants capables d'avancer, de progresser », rapporte Reuters.

Pour autant, Pierre Péan ne se démonte pas. « Je n'accuse pas l'ancien Premier ministre d'être corrompu, car je ne connais pas l'utilisation qu'il a pu faire de la vingtaine de millions de dollars, estimation probable, qu'il a reçu de chefs d'État africain entre 1992 et 2005. » (voir Libération)