Vingt-cinq ans dans les services secrets : on ne parle pas de la GDSE

Clément Solym - 09.06.2012

Edition - Justice - services secrets - anonymat - agents de sécurité


On ne plaisante pas avec la Direction générale de la sécurité extérieure, qui a porté plainte contre l'auteur d'un ouvrage paru chez Flammarion, et espère bien en obtenir la condamnation. Hier, au tribunal, l'auteur Pierre Siramy, ou Maurice Dufresse à l'état civil, était sommé d'expliquer pourquoi, dans son ouvrage, étaient explicitement nommés deux de ses anciens collègues.

 

Le délit pour lequel il comparaît, « révélation d'identité de militaires ou de personnels civils appartenant à la DGSE dont les missions exigent, pour des raisons de sécurité, le respect de l'anonymat », est sanctionné d'une peine de 15.000 €. Mais l'intéressé s'en défend : « Les deux fonctionnaires dont j'ai mentionné les noms n'avaient, depuis deux décennies, que des fonctions administratives. Je n'aurais pas divulgué l'identité d'agents opérationnels sur le terrain. »

 

25 ans dans les services secrets

A retrouver dans notre 

librairie, avec Decitre

Et d'ajouter, cité par l'AFP : « C'étaient des poids lourds de la maison pour lesquels la première règle, c'est justement d'être connus. » En somme, absolument aucun problème à ce que ces deux personnes figurent dans le livre, puisque c'était précisément leur rôle.

 

Un point que la procureure a également soulevé, notant que l'interdiction de révéler l'identité des agents de la DGSE n'inclut pas les chefs de service, conformément à l'arrêté de 2006. 

 

Or, si les avocats de l'auteur et de Flammarion assurent que pour que l'on respecte un anonymat, il faut encore qu'il y ait anonymat, il est manifestement très simple de trouver la fonction des deux hommes de la DGSE, dès lors que l'on se renseigne sur un moteur de recherche. 

 

Ainsi, la défense estime que son client a tout bonnement subi une véritable tentative d'intimidation, alors que son livre à peine sorti, une perquisition à son domicile a été orchestrée, suivie d'une garde à vue mémorable...

 

Maintenant, rendez-vous le 7 septembre pour savoir ce que le juge décidera...