Violation de vie privée et contrefaçon, le doublet de PPDA

Clément Solym - 18.01.2011

Edition - Justice - ppda - plagiat - borne


Vraiment pas de chance, cette histoire : PPDA, accusé de plagiat pour une biographie sur Hemingway, se retrouvera devant le Tribunal de Grande Instance de Paris, pour une plainte... en contrefaçon. Et plus particulièrement, plagiat.

Un plagiat pas banal, puisqu'il s'agit de lettres que sa compagne de l'époque - on parle de 2008, avant leur séparation - Agathe Borne, lui avait envoyées, et que le romancier a réutilisées pour son roman, Fragments d'une femme perdue, publié chez Grasset en août 2009.

Un livre qui exorcisait la rupture, mais dont Me Nathalie Dubois, avocate de la plaignante, estime que les lecteurs « comprennent que Patrick Poivre d'Arvor est lui-même le héros de son roman ». Et pour cause...

D'ailleurs, on se rend compte, forcément, que la petite Violette a quelque chose d'Agathe Borne. Et l'avocate de plaider, auprès de l'AFP : « C'est une atteinte au secret des correspondances », puisqu'« en les écrivant, Mme Borne n'aurait jamais pensé qu'elles auraient pu être divulguées ».

Et en l'occurrence, PPDA se fait dès lors l'auteur de courrier qui n’est pas de sa main, particulièrement en les reprenant dans un roman. Chapeau. Pas vraiment le point de vue de son avocat, qui doit travailler dur, Me Francis Teitgen.

« C'est un pur roman, et comme tous les romans qui peuvent raconter une histoire d'amour, c'est un patchwork de sa vie (...) On peut certes retrouver certaines traces d'Agathe Borne dans l'ouvrage, mais pour Patrick, plusieurs femmes font une femme », explique-t-il.

D'autant que les preuves avancées par la jeune femme ne parviennent pas à convaincre l'avocat, qui ne considère pas les arguments avancés comme probants. « Nous estimons ces critiques infondées, et notamment parce que, si vous ne connaissez pas Agathe Borne, il est impossible de la reconnaître », renchérit-il.

Rendez-vous le 9 février prochain, pour en apprendre plus.

L'intéressée réclame 150.000 € de dommages-intérêts et l'interdiction d'une version poche ou encore d'une adaptation au cinéma.