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Virgin : A l'orée d'un possible dépôt de bilan, Filippetti veut rassurer

Clément Solym - 07.01.2013

Edition - Economie - Aurélie Filippetti - Virgin - dépôt de bilan


Alors que les soutiens des partis politiques affluent, la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a expliqué ce matin, sur Europe 1, qu'elle recevrait l'intersyndicale cet après-midi. Mettant en avant sa volonté de rassurer, elle va également « veiller à la meilleure issue possible pour chacun de ces 1.000 salariés ».

 

 

 

 

Avec plus de 22 millions € de dettes, le groupe Virgin va, ce lundi, examiner une mise en cessation de paiement, a-t-on appris vendredi. L'an passé, quatre des magasins avaient déjà fermé et c'est une baisse du chiffre d'affaires de 34 millions € de moins, soit 251 millions € que le groupe avait affichée. Ce lundi, la cessation de paiement doit être présentée au Comité d'entreprise, alors que les syndicats ont d'ores et déjà assuré qu'ils s'y opposeraient, pour gagner un peu de temps. En effet, selon eux, aucun plan réel de redressement n'accompagnerait la cessation de paiement, pas plus que de stratégie pour l'emploi. 

 

Pour la ministre de la Culture, il faut remettre en question « des années de choix stratégiques contestables », mais aussi savoir prendre un peu de hauteur. « Ce sont les commerces culturels physiques qui sont menacés aujourd'hui, parce qu'il y a l'émergence de grands sites en ligne qui, eux, échappent complètement à toute forme de concurrence loyale puisqu'ils ne paient pas la même fiscalité que les autres, étant basés ailleurs qu'en France », précise-t-elle. 

 

La problématique concurrence 

 

Dernièrement, la ministre a été interpellée par un député sur cette question : François de Mazières, élu UMP, n'évoquait cependant que le problème des librairies indépendantes, dans sa question à la ministre, oubliant que les grandes surfaces culturelles rencontrent les mêmes problèmes que les libraires indés, face à la concurrence des grands groupes internet. Et de rappeler cependant que l'exil fiscal d'Amazon nuit à la librairie indépendante, « dont la part de marché ne cesse de diminuer, passant de 18 % en 2011 à 16,2 % en 2012 sous le double effet de l'émergence de nouveaux usages liés à internet et d'une distorsion de concurrence du e-commerce liée à la gratuité des frais de port pratiquée par Amazon ». 

 

Pour la ministre, interrogée chez nos confrères ce matin, ces problèmes sont au coeur de la mission que Pierre Lescure dirige actuellement, « sur le numérique et le financement de la création à l'ère du numérique ». 

 

Ce matin, chez Virgin, le comité d'entreprise devra examiner, dès 9h30, les conditions de la cessation de paiement pour la société. Les syndicats ont déjà affirmé qu'ils s'y opposeraient, pour tenter de gagner un peu de temps. Mais il semble, selon nos informations, que ce mouvement n'aura bien pour effet que de retarder l'inéluctable. 

 

Pour l'heure, de nombreux professionnels s'inquiètent déjà des pertes pour le marché global, qu'impliquerait la fermeture du réseau Virgin. « Les acheteurs de certaines zones géographiques se reporteront sur internet, évidemment, et les autres GSS [NdR : grandes surfaces spécialisées] ne pourront pas récupérer la totalité de la clientèle. On assistera à une disparition des consommateurs, au profit du net, bien évidemment, et de celui dont on ne veut plus prononcer le nom », précise un dirigeant de GSS, qui préfère rester anonyme.

 

En effet, suite à un placement en cessation de paiement, les alternatives ne sont pas légion : le redressement est toujours envisageable, notamment par le biais d'une recapitalisation des actionnaires. Mais il est aussi possible de déboucher sur une liquidation judiciaire, entraînant la fermeture définitive de l'entreprise.

 

 

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